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Plateaux en porcelaine dans les crèches de Limoges : "Ce qui nous a mobilisés, c’est la lutte contre les perturbateurs endocriniens"

Émile-Roger Lombertie, Maire de la ville de Limoges et Vice-Président de Limoges Métropole.
©Facebook/DR

Engagée depuis trois ans autour de la réduction des perturbateurs endocriniens auprès des enfants, la commune de Limoges en Nouvelle-Aquitaine a d'ores et déjà commencé à remplacer les plateaux-repas en plastique de ses crèches par des plateaux en porcelaine. Entretien avec Émile-Roger Lombertie, maire de la ville de Limoges. 

À propos du changement des plateaux-repas dans vos cantines, pouvez-vous nous parler concrètement de l’initiative que vous avez prise ?

Le changement des plateaux-repas s’est fait au niveau des crèches. Puis, il se fera au niveau de la maternelle. Les plateaux-repas dans les autres restaurants scolaires sont des assiettes en porcelaine. Ce qui nous a mobilisés, c’est la lutte contre les perturbateurs endocriniens

Nous souhaitons que d’autres communes puissent bénéficier progressivement de cette réalisation.

Nous avons commencé, dès 2014, par une première crèche qui a été renouvelée avec l’ensemble des mesures mises en place : des peintures sans paraben et sans solvants toxiques, des revêtements de sols, la fin des lingettes et des produits chimiques, la mise en place du nettoyage à la vapeur, les biberons plastiques remplacés par des biberons verts et, enfin, nous avons mis en place des assiettes en polymère. Nous avons ensuite lancé un processus qui a permis de structurer un plateau en porcelaine, que nous allons proposer dans toutes les crèches de la ville. Puis, au niveau des restaurants scolaires pour les maternelles.

Pour toutes les crèches de la ville, combien cela va représenter d’unités de plateaux et, à terme, avec les écoles ?

Cela va représenter 500 plateaux et, à terme, près de 3000. Cela se fera vers l’horizon 2020. Il y a une nécessité de produire les plateaux,  un certain nombre d’autres communes commencent à demander donc il faut que le processus de production soit adapté. Nous souhaitons aussi que d’autres communes puissent bénéficier progressivement de cette réalisation.

Où ont été réalisés ces plateaux ? Combien cela coûte à la commune ?

Ces plateaux sont faits à "La Fabrique" à Saint-Junien par un porcelainier qui a travaillé ce processus. C’est un processus de créativité réalisé avec les lycées professionnels, des créateurs, des TPE locales et des startups. (...) Le producteur nous fait le plateau à cinq euros pour la commune. Les cinquante premiers plateaux ont été livrés gratuitement. Pour les communes extérieures, le prix sera compris entre dix et quinze euros.

Sur cette solution, l’idée est donc d’être pionnier et que cela puisse servir d’exemple à l’échelle nationale ?

Tout à fait, nous sommes aussi dans une dynamique de mécénat pour faire en sorte que cela coûte le moins cher possible aux collectivités et que le processus industriel soit efficace. Notre démarche s'inscrit dans le développement durable, la protection de la santé et, en même temps, il s'agit une démarche de créativité et d’entretien d’une filière industrielle. 

Au niveau du poids, cela est-il beaucoup plus lourd que le plateau en plastique ?

Oui, c’est plus lourd que le plateau en plastique. Mais il y a tout un travail de fait pour essayer de l’alléger au maximum avec le fabricant de pâtes Imérys, pour avoir une pâte de porcelaine plus solide, moins cassante et plus légère. Cela a entraîné des recherches et des progrès dans tous les domaines de l’organisation de la production.

Que le produit soit cassant, c’est une chose, mais que le produit intoxique régulièrement les enfants : la question ne se pose pas par rapport au plastique.

En rapport avec les interrogations de citoyens sur cette initiative, notamment pour les enfants, est-ce que cela est aussi sécurisé qu’un plateau en plastique ? N’y a-t-il pas un risque que cela se casse près d’eux ?

Il y a deux réponses à vous apporter. La première, c’est que cela est beaucoup plus sécurisé en matière de santé puisque ça n’entraîne pas de génération de perturbateurs endocriniens. Que le produit soit cassant, c’est une chose, mais que le produit intoxique régulièrement les enfants : la question ne se pose pas par rapport au plastique. La deuxième chose, c'est que oui, une certaine sécurité a été mise en place. Le produit est beaucoup plus solide qu’une assiette banale, beaucoup moins friable, et la surveillance faite pendant le repas des enfants est constante et régulière. Donc le danger est très minoré si tant est qu’il ait existé. 

En ce moment, nous voyons des communes, comme la vôtre, qui s’impliquent très fortement dans la transition écologique. Étant donné l’urgence, est-ce que, pour vous, l’échelon communal est le bon échelon pour pousser cette transition ?

La démarche que nous avons prise correspond à une démarche UNESCO, de villes créatives à laquelle nous appartenons. Ce que vous dites, et ce qui est notre engagement profond, va aussi dans le sens de l’horizon 2030 de l’UNESCO : la protection de l’environnement.

Il y a une nécessité d’avoir un aménagement des lois et des textes de loi."

L’échelon local, l’échelon communal ou intercommunal est vraiment l’échelon de la réalisation. Mais l’échelon national est indispensable. Je vais vous citer un exemple. J’ai une mairie qui est de la fin du 19ème siècle. Je ne peux pas mettre de vitres ou de double vitrage sur la façade principale parce que l’architecte des bâtiments de France nous l’interdit afin de ne pas déformer ou de ne pas élargir les entretoises des grandes fenêtres que nous avons. Donc, il y a aussi une nécessité d’avoir un aménagement des lois et des textes de loi pour nous permettre d’être écoresponsable à tous les niveaux. Et cela est extrêmement important. Mais si l’échelon des collectivités territoriales au niveau local ne met pas en place toutes ces luttes, et bien jamais, au grand jamais nous ne serons efficaces et nous ne protégeront la population.

Une interview réalisée en partenariat avec France Inter. Pour écouter la chronique Social Lab, c'est ici : 

 

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