Education/Citoyenneté

Marche des jeunes pour le climat et Marche du siècle : à quoi s'attendre les 15 et 16 mars ?

©Mélodie Taberlet / ID

Une conférence de presse se tenait ce mardi 12 mars, dans les locaux de La Base. Elle réunissait les représentants de différentes organisations ayant appelé à la mobilisation, les 15 et 16 mars. ID fait le point sur le programme de ces deux journées de mobilisation.

La Base accueillait ce mardi 12 mars les représentants d'Alternatiba Paris, de YouthForClimate, de Notre Affaire à Tous, du collectif "Désarmons-les" - contres les violences policières -, de la Coalition des sans-papiers et des migrants, ainsi que deux représentants du mouvement des Gilets jaunes.

Trois mobilisations différentes sont prévues : le 15 mars aura lieu la grève mondiale des étudiants pour le climat, et le 16 mars auront lieu la Marche du Siècle et la Marche des Solidarités. Les différentes organisations à l’origine de ces appels ont décidé de se réunir afin de "massifier" leur mouvement et de mettre en avant leurs points communs. 

Le 15 mars, journée de grève scolaire mondiale #YouthForClimate 

La matinée sera tout d'abord marquée par une action de désobéissance civile non-violente "d'une ampleur inédite", d'après Claire Renauld, étudiante et membre de YouthForClimate. Des précisions seront communiquées ultérieurement, afin d'assurer la tenue du secret. Le tracé de la marche a été validé par la préfecture : la mobilisation partira du Panthéon, passera par Montparnasse et s'arrêtera aux Invalides. La place sera ensuite investie par les étudiants et où des formations à la désobéissance civile seront organisées. Claire Renauld met en avant la nécessité de se "réapproprier l'espace public". 

L'étudiante a également tenu à répondre à la proposition de Jean-Michel Blanquer consistant à organiser des débats ce vendredi 15 mars dans les établissements scolaires : "Nous préférons dire aux étudiants de venir débattre dans la rue, hors du cadre de l’éducation nationale". Un parent d'élève, présent dans la salle, s'est inquiété des répercussions que peuvent avoir ces absences sur les études. Claire Renauld lui a apporté la réponse suivante : "À quoi cela sert-il d’étudier et d’apprendre une activité qui pourrait ne plus avoir de sens dans une société qui court à sa perte?". L'étudiante a également précisé que la désobéissance civile faisait partie des différents leviers à activer pour espérer un changement. 

Parmi les autres leviers d'action pour lutter contre l'inaction climatique des autorités, celui consistant à saisir la justice est particulièrement mis en avant par les organisations ayant appelé à se mobiliser pour la Marche du Siècle. 

Le 16 mars, une Marche du Siècle et une Marche des Solidarités

Marche du siècle

La marche sera composée de trois cortèges, chacun mettant en avant des thématiques différentes. Un premier cortège "Pour l'Urgence Sociale et Climatique" partira à 12h de Trocadéro. La "Marche du Vivant" d'un autre côté, mettra l'accent sur la défense de la biodiversité et partira du parc Monceau à 13h. Enfin, un cortège "Roulons Vert Demain" soulignera l'importance de la mobilité durable : il partira à 16h de Palais-Royal pour rejoindre la fin du cortège. Les participants défileront en skate, en vélos, en trottinettes, etc.

Une fois réunis, les trois cortèges termineront leur marche place de la République à 16h30, où un temps pour les prises de parole sera aménagé et où une "rave" sera organisée avec de jeunes artistes. Élodie Nace, porte-parole du mouvement Alternatiba Paris, insiste sur la nécessité de hausser "le ton face à un gouvernement qui reste sourd" et qui ne propose "aucune mesure concrète malgré les grands discours et les grands débats". 

Marche des Solidarités

La Marche des Solidarités, dont les revendications concernent essentiellement la politique migratoire du gouvernement et les violences policières, débutera place de la Madeleine à 13h12 très précisément. Ces chiffres correspondent à la place des lettres du slogan "ACAB" dans l’alphabet - slogan repris par de nombreux mouvements de contestation, signifiant "all cops are bastards". Elle se terminera à Stalingrad. 

©Mélodie Taberlet / ID

Des revendications complémentaires et des cibles communes

Les deux marches prévues le 16 mars se rejoindront à 14h à Opéra : les différentes organisations à l'origine de ces appels considèrent en effet que leurs revendications sont liées. Ils estiment que des cortèges distincts doivent défiler afin de porter différents messages, mais que tous ces messages sont complémentaires. Ils proposent d'illustrer cela en effectuant un geste commun lorsque tous les mouvements se seront rejoints : à 15h, l'ensemble des manifestants poseront un genou au sol en hommage aux victimes de violences policières, puis se tiendront debout, "unis pour faire front". 

Le porte-parole de la Coalition pour les sans-papiers et les migrants considère que l'on peut trouver "de l'unité dans la diversité". Le représentant du mouvement des Gilets Jaunes de Rungis estime quant à lui que nous sommes "tous concernés par la fin du mois et la fin du monde". Priscillia Ludosky, à l’origine de la pétition qui a initié le mouvement des Gilets Jaunes, explique que les mouvements de contestation qui touchent le pays depuis plusieurs semaines ne sont pas en train de "s'essouffler", mais plutôt qu'"ils se rejoignent" et qu'"ils grandissent". Preuve en est, selon cette dernière, qu'une telle conférence de presse, rassemblant autant de mouvements différents, aurait été "inenvisageable il y a quelques mois".