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Education/Citoyenneté

L'impact durable du Covid sur les associations

Des filières de recyclage cherchent à revaloriser les masques chirurgicaux.
©FRED TANNEAU/AFP

La crise sanitaire a profondément affectée la vie associative française. Bénévoles et dirigeants témoignent de leurs inquiétudes. 

Adhésions en berne, manque de bénévoles, dirigeants inquiets mais aussi des modes d'action chamboulés. Les associations n'ont pas fini de subir les effets de la pandémie, comme le montre une étude publiée lundi et des témoignages recueillis par l'AFP.

Une mobilisation post-Covid difficile

"Il a fallu une énergie énorme pour relancer la machine, remotiver les gens", confie Michelle Thibault, présidente du comité départemental de Lozère et du comité régional d'Occitanie d'éducation physique et gymnastique volontaire, dont un tiers des 60.000 licenciés régionaux d'avant le Covid n'ont pas repris les activités en 2021. En outre, des animateurs salariés n'ont pas rempilé. Les dirigeants des clubs, eux, ont continué à tenir les rênes pendant la crise mais c'est "la catégorie où l'on a le plus de dégâts", relève Mme Thibault. "Le Covid leur a demandé une énergie folle avec une montagne de tracas administratifs. Ce sont des bénévoles souvent âgés, qui ont aujourd'hui du mal à se remobiliser." Pour Frédérique Pfrunder, déléguée générale du Mouvement associatif, qui représente quelque 700.000 associations (plus de la moitié du total), "il y a un accroissement des obligations administratives qui pèsent sur les dirigeants bénévoles. Il faut un travail de simplification".

Dans une enquête publiée lundi et réalisée auprès de 2.776 responsables associatifs, le réseau d'experts Recherche et Solidarités estime qu'"au regard des ressources bénévoles, la situation reste très tendue". Les principales inquiétudes concernent "les ressources humaines bénévoles disponibles pour les activités", "le renouvellement" des dirigeants, la situation financière et la diminution du nombre d'adhérents. "On a pris de plein fouet et on n'a pas fini de ressentir les effets du Covid", atteste Patrick Guérin, qui préside Dunois Loisirs, un club multi-activités (physiques, artistiques et ludiques) dans la région de Châteaudun (Eure-et-Loir). Il fait les comptes: l'association a perdu 150 de ses 700 adhérents à la rentrée 2021. Aujourd'hui, "on a stoppé l'hémorragie mais on n'est pas encore dans une phase de redémarrage", estime le président de Dunois Loisirs dont le budget annuel de 20.000 euros provient principalement des adhésions (26 euros). "On a pioché sur nos réserves mais ça va être compliqué si les gens n'ont pas envie de revenir", s'alarme Patrick Guérin.

"Mutation associative"

Pour le sociologue Roger Sue, du Centre de recherche sur les liens sociaux (Cerlis-CNRS), "on est dans une forme de tournant, de mutation associative. Un nouveau public, les jeunes notamment, a la volonté de participer au bien commun mais il est moins bien entraîné à la vie associative. La question est de savoir si les associations vont mieux adapter leurs dispositifs d'accueil".

Depuis 2007, Bibliothèques sans frontières (BSF) est engagé pour l'accès à l'information, à l'éducation, à la culture partout dans le monde, installant par exemple des médiathèques en kit dans des quartiers défavorisés, des bibliothèques mobiles dans des camps de réfugiés ou des accès internet dans des zones reculées. BSF dispose de quelque 300 bénévoles et 100 salariés. Son directeur du développement, Edouard Delbende, explique que pendant les différents confinements, l'ONG s'est convertie au travail et au bénévolat "à distance, ce qui était inconcevable il y a trois ans" et constate désormais "que les gens ont envie de retourner sur le terrain" tout en gardant une "forte appétence pour le télétravail".

Directrice des actions pour l'association APF France Handicap en Haute-Saône et dans le Territoire de Belfort, Martine Debros a misé durant la crise sanitaire sur les réseaux sociaux, et notamment sur la plateforme collaborative d'échanges solidaires Ammy, pour "maintenir le lien" avec les bénévoles et les adhérents. De nouveaux profils, surtout des jeunes, se sont alors rapprochés de l'association pour "des actions ponctuelles, de proximité et aux effets immédiats": veille téléphonique, livraison de courses et de repas, accompagnement numérique... Avec ces bénévoles aujourd'hui repartis, "nous avons montré notre utilité sociale", se réjouit la dirigeante associative. Et pris date pour l'avenir.

Avec AFP

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