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DOSSIER PARTENAIRE

Déscolarisation, mariages forcés : quel bilan des droits des filles dans le monde ?

Avec la pandémie, les mariages forcés ont augmenté dans les pays défavorisés.
©DR / Vision du Monde

Entre crises politiques, catastrophes naturelles et pandémie, les inégalités entre filles et garçons se creusent dans les pays en développement. A l’occasion de la Journée internationale des droits des filles, qui a lieu chaque année le 11 octobre, ID, en partenariat avec l’ONG Vision du Monde, dresse un état des lieux de leurs droits. 

Des écoles sans filles ? C’est le scénario qui semblerait s’esquisser en Afghanistan depuis la réouverture des collèges et des lycées dans le pays désormais aux mains des talibans. Alors que les garçons ont fait leur rentrée, les enseignantes et leurs élèves répondent absentes à l’appel pour le moment dans la majeure partie du pays. Le 21 septembre, le porte-parole du nouveau gouvernement a annoncé que les filles retourneront à l’école "aussi vite que possible".  

Alors que la Convention internationale des droits de l’enfant a été adoptée en 1989 par 195 pays, y compris l’Afghanistan, les droits des filles se trouvent une nouvelle fois menacés. Une situation qui préoccupe particulièrement les organisations internationales. Dans le monde, les filles sont aujourd’hui plus nombreuses que les garçons à être privées d’éducation. Selon les chiffres relayés par Vision du Monde, une association de solidarité internationale qui vient en aide aux enfants les plus vulnérables, 132 millions de filles âgées entre 6 et 17 ans sont déscolarisées. Cet inégal accès à l’éducation est encore plus important dans les Etats arabes, en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud et de l’Ouest, rapporte l’ONG. 

Des discriminations face à l’éducation 

Plusieurs causes peuvent expliquer ce phénomène. "Lorsque les filles ont la chance d’être scolarisées dès leur plus jeune âge, elles sont bien souvent retirées de l’école dès qu’elles sont jugées suffisamment grandes pour participer aux tâches ménagères et aider à subvenir aux besoins de la famille", avance l’association Vision du Monde, avant d’ajouter : "Lorsqu’il n’y a pas d’eau dans leur village, les femmes accompagnées de leurs enfants et bien souvent de leurs filles, parcourent en moyenne 6 km par jour pour aller chercher de l’eau. Cette corvée fatigante laisse peu de temps aux fillettes pour rejoindre les bancs de l’école." 

Pour faire face aux difficultés financières, ou par tradition, les familles arrêtent également les études de leurs filles pour les marier, souvent avant 18 ans. Avec la pandémie et les fermetures d’école, leur nombre a bondi. Elles sont aujourd’hui 650 millions à travers le monde. "Ce sont 10 millions de filles supplémentaires", souligne Vision du Monde qui s’appuie sur le dernier rapport de l’organisation humanitaire World Vision. Un chiffre qui risque de grimper, à mesure que les effets de la crise sanitaire perdurent. 

Une hausse des mariages précoces 

Le Covid-19 n’est toutefois pas le seul responsable de ce recul. "Les progrès concernant l’éradication des mariages précoces et la réduction des grossesses chez les adolescentes avaient ralenti, avant même que la pandémie ne frappe", rappelle l’ONG Save the Children, dans un rapport  publié en 2020 sur la situation des filles dans le monde.  

Parmi les pays qui recueillent des données sur le mariage des enfants, seuls deux étaient sur "la bonne voie pour éradiquer cette pratique d’ici 2030 pour les filles des ménages les plus pauvres et celles vivant dans des zones reculées". 

L’ONG note par ailleurs que parmi les 25 pays comptant le plus grand nombre de mariages précoces, "presque tous sont touchés par des conflits, des crises prolongées et des catastrophes climatiques". On retrouve par exemple le Soudan du Sud, le Bangladesh, le Niger ou encore la République centrafricaine.  

Enrayer la spirale infernale 

Ces unions forcées ne sont pas sans conséquences. Les complications liées aux grossesses précoces sont l’une des causes majeures des décès chez les jeunes femmes âgées de 15 à 19 ans, fait remarquer Vision du Monde. Les violences sexuelles sont aussi légion. Aujourd’hui, “plus de 200 millions de femmes et filles ont subi une forme de mutilations génitales féminines”. 

Pour lutter contre cette spirale infernale, Vision du Monde agit sur le terrain. Présente dans dix pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique du Sud, l'association travaille notamment en lien étroit avec les communautés pour attirer leur attention sur les méfaits des mariages précoces ou des excisions. Elle tente également de briser le tabou des règles, un autre frein moins connu à l’éducation.  

Grâce à ses différents programmes de parrainage, l’ONG humanitaire développe par exemple des systèmes d’assainissement pour que chaque fille puisse avoir accès à des toilettes non mixtes. Les garçons sont aussi sensibilisés sur ce sujet. Depuis un an, en Ouganda, ils participent à la création de serviettes hygiéniques lavables et réutilisables

Vision du Monde

En partenariat avec Vision du Monde.

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