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Education/Citoyenneté

Ce groupe de retraitées attaque la Suisse pour inaction climatique

Les Aînées pour la protection du climat à Bâle (Suisse) en 2020.
©Joël Hunn

Engagées depuis 2016 dans une action en justice contre l'Etat suisse, les "Aînées pour la protection du climat" font figure d'exception dans le paysage militant, où la jeune génération a largement affirmé sa place. 

Les recours en justice contre les États, au motif de leur inaction en matière environnementale, se multiplient partout dans le monde. Partout, semble-t-il, les revendications sont portées par une jeune génération de plus en plus inquiète pour son futur. Pourtant, en Suisse, un autre bras de fer se joue, entre l’association des Aînées pour la protection du climat et les gouvernants. À leur échelle, elles entendent agir pour un futur vivable, en sommant l’Etat fédéral de tout faire pour respecter les objectifs de l’Accord de Paris.

Moins de 64 ans s’abstenir

L'association compte aujourd’hui plus de 2000 membres, dont une grande partie de militantes de longue date. Leur point commun : ce sont des femmes âgées de plus de 64 ans, l'âge moyen au sein du collectif étant de 73 ans. L’origine de cette implication vient, de l’aveu des fondatrices, de la vulnérabilité des personnes âgées aux conséquences du changement climatique, à l’image des canicules. Elles ont fait de cette particularité un des fondements de leur action en justice : en imputant un préjudice précis à l’Etat, leurs chances de réussite sont maximisées.

Leur action en justice débute en 2016. Le collectif suisse saisit alors le Conseil fédéral, mais leur requête reste sans suite. D’appel en appel, au fil des refus, leur recours arrive en octobre 2020 à la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) de Strasbourg. Celle-ci doit à l’heure actuelle se prononcer sur la recevabilité de la requête. Et les aînées ont bon espoir, la plainte des jeunes portugais contre 33 pays pour inaction climatique ayant été reçue favorablement par la CEDH à l’automne dernier.

Convergence des luttes

Les jeunes justement, pourraient se montrer sceptiques à l’idée que des représentants de la génération qu’ils accusent d’avoir détruit la planète tentent aujourd’hui de faire changer les choses. Mais pour Anne Mahrer, co-présidente de l’association, il faut réussir à passer outre ces jugements pour mieux s’unir : "On nous a parfois interpellées à ce sujet. Je réponds volontiers que les jeunes ont raison, que notre génération a pleinement profité des 'progrès' de l’époque et consommé des énergies fossiles." 

Surtout, selon l’ancienne députée du Parti écologiste suisse, dont l’engagement ne date pas d’hier, 'il ne faut pas mettre tout le monde dans le même panier'. À ce titre, le récent succès de l’Affaire du siècle en France, qui a vu l’Etat reconnu coupable d’une 'carence fautive' dans la lutte contre le réchauffement climatique, montre que la défense de cette cause n’est plus une affaire de génération. "Si l’action en justice aboutit, conclut Anne Mahrer, tout le monde y gagne."

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