La Banque centrale européenne, établie le 1ᵉʳ juin 1998 et située à Francfort-sur-le-Main en Allemagne, est la principale institution monétaire de l'Union européenne.
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Economie

Euro numérique : que sait-on de cette monnaie annoncée par la BCE ?

Alors que les paiements dématérialisés se généralisent, la Banque centrale européenne poursuit son projet d'euro numérique. Cette nouvelle forme de monnaie publique pourrait arriver à la fin de la décennie et transformer la manière dont les Européens paient au quotidien.

L'euro numérique revient sur le devant de la scène. La Banque centrale européenne (BCE) a fait un point sur cette monnaie virtuelle le vendredi 13 mars. Lors d'un point presse organisé à la Banque de France, la BCE a précisé les garanties pour les banques et les utilisateurs. La promesse est simple : "L'euro numérique sera un billet numérique", a résumé Alessandro Giovanni, conseiller à la direction chargée des infrastructures de marché et des paiements de la BCE.

Le projet est actuellement en phase de préparation depuis novembre 2025 et se concentre sur le soutien des processus législatifs et la préparation technique. L'objectif de la BCE est de faire adopter la législation de l'UE en 2026. Un exercice pilote est prévu pour la mi-2027 et une première émission pourrait arriver en 2029. Si le calendrier est respecté, les Européens pourraient commencer à tester cette nouvelle forme de paiement avant la fin de la décennie.  

Une nouvelle forme de monnaie

Si l’Europe porte son projet, celui-ci reste encore discuté. Le projet d'euro numérique vise à créer une monnaie numérique de banque centrale (MNBC) accessible à tous ceux qui ne sont pas des banques commerciales (administrations, particuliers, entreprises). La phase d’étude lancée en 2021 et la phase de préparation (en 2023) se sont déroulées sans problème. Ce n'est que le 19 décembre 2025 que le Conseil européen donne son accord à l'introduction de l'euro numérique. 

Néanmoins, l'objectif de la BCE n'est pas de remplacer la monnaie physique, mais d'offrir une nouvelle forme de monnaie adaptée à la tendance au dématérialisé. "L'euro numérique constituerait une solution de paiement utilisable en toutes occasions, disponible à tout moment et partout dans la zone euro, comme les espèces, mais adaptée à l'ère numérique", explique la BCE sur son site

Quid de l'impact environnemental ?

Les monnaies numériques ont le vent en poupe, et pas seulement aux États-Unis. Dans l'Union, près d'un Européen sur dix détient de la monnaie numérique, selon une étude de la Banque centrale européenne. Le succès de ces monnaies repose notamment sur la promesse d'une certaine indépendance vis-à-vis des systèmes bancaires traditionnels. C’est notamment ce point qui inquiète les banques européennes.

Certaines redoutent de voir les épargnants réduire leurs dépôts bancaires et les transférer vers cette nouvelle incarnation de l'euro, qui pourrait être jugée plus sûre en cas de turbulences financières. Mais le débat se garde bien d'aborder un tout autre sujet : le coût environnemental. À la différence d'un billet, dont l'impact décroît à chaque transaction, l'euro numérique nécessite une infrastructure permanente

Serveurs, énergie, données… Aucune étude d'impact n'a été réalisée à ce jour par la BCE. Mais le numérique, qui prend une place de plus en plus importante dans nos sociétés, est très gourmand en énergie et en ressources, notamment en métaux rares. À titre d’exemple, le Bitcoin est à l’origine de 199,65 millions de tonnes d'équivalent CO2 entre 2011 et 2022, selon une étude de l’Université de Cambridge. La multiplication des services numériques financiers pourrait dès lors alourdir l'empreinte carbone du secteur bancaire.