Culture

Woman at War : le combat d'une militante écologiste en Islande

"Woman at War", un film de Benedikt Erlingsson.
©Slot_Machine_2018_Still_2/Woman at War

Rendez-vous dans les Hautes Terres d'Islande auprès d'Halla, quinquagénaire prête à tout pour mener la vie dure à l'industrie locale de l'aluminium. "Woman at War", du réalisateur islandais Benedikt Elringsson, sort en salles le 4 juillet.     

Interprété par l'actrice Halldóra Geirhardsdottir, Halla est une véritable "femme de la montagne". C'est même le surnom que lui donnent les médias. Cette militante mène une double vie : tranquille directrice de chorale en société et aux yeux de sa sœur jumelle, elle incarne plus secrètement le rôle d'une guerrière bien décidée à mettre à mal l'industrie de l'aluminium qui défigure selon elle son pays. Pour ce faire, Halla mène de manière anonyme des actes de vandalisme, voire du sabotage industriel. S'il faut aller jusqu'à s'en prendre aux pylônes électriques approvisionnant l'usine d'aluminium locale de Rio Tinto, la professeure de chant s'y emploiera, non sans imagination et non sans humour.

L'héroïne parvient même à faire cesser les négociations entre le gouvernement islandais et une multinationale en vue de la construction d’une nouvelle fonderie. Plus d'un milliard de tonnes d'aluminium sont actuellement produites en Islande, où la consommation d'électricité hydraulique et la construction de barrages explosent, rappelle GEO ("Histoire de l'Islande", aux éditions Tallandier).

Quand la nature et l'art l'emportent

Dans cette fiction poétique aux allures de conte, prix SACD de la Semaine de la Critique à Cannes cette année, le réalisateur islandais Benedikt Elringsson nous plonge en plein cœur des Hautes Terres d'Islande, et dans sa capitale, Reykjavík. Difficile, en observant cette terre de glace, de ne pas en prendre plein la vue."Battue par les flots", la nature n'est pas prête de sombrer, en tout cas certainement pas aux yeux d'une Halla déterminée à mener un vaste combat politique et écologique... Mais aussi à devenir mère. Portée par ses actions qui mettent en émoi tout le pays, la "femme de la montagne" va dans le même temps apprendre que sa demande d'adoption a été acceptée et qu'une petite orpheline l'attend en Ukraine. Un "détail" non sans importance dans ce film militant dénué de sang (si ce n'est une goutte) et de violence, mais empli de musique, qui accompagne telle une bande-son le parcours de l'écologiste

"Notre héroïne est une Artémis moderne, protectrice des contrées vierges et du monde sauvage. Seule, confrontée à une planète qui change rapidement, elle endosse le rôle de sauveur de la terre mère et des générations futures. Notre point de vue est très proche de celui de notre héroïne, voilà pourquoi nous accédons à sa vie intérieure", précise le réalisateur, Benedikt Elringsson. "Nous devons comprendre collectivement que la nature possède un droit intrinsèque et une nécessité d’exister, en dehors de nos besoins humains ou du système économique", ajoute-t-il.

Halla, "Femme de la montagne"
©Slot_Machine_2018_Still_1

Benedikt Elringsson signe ici son deuxième long métrage. Le premier, "Des chevaux et des hommes", a reçu plus de 20 récompenses internationales. Dans chacun de ses films, la nature finit toujours par prendre le dessus sur l'humanité : "Il est clair pour moi que les droits de la nature doivent être considérés au même niveau que les droits de l’homme, et c’est effectivement une idée qui imprègne les deux films", précise-t-il à ce sujet.  

Benedikt Erlingsson, réalisateur de "Woman at War".
©Juan_Camillo_Estrada_Slot_Machine_2018

La bande-annonce de "Woman at War" :