To do

Sports et écologie : le grand écart?

Jean-Claude Van Damme dans "Full Contact". Un sportif durable ?
©DR

Lundi 14 mai, Low Carbon City anime un débat pour discuter sport et… écologie. Julie Bernard (Edeni) nous livre ses astuces pour suer en bonne conscience.

Du sport à l’écologie, il n’y a qu’un… grand écart ? Nos randonnées sont-elles plus polluantes qu’on ne le croit ? Comment réduire l’empreinte carbone des grandes manifestations sportives ? Un sport durable existe-t-il vraiment ? C’est le sujet du Lundi des Citoyens organisé ce 14 mai par l’association Low Carbon City. Parmi les intervenants, Julie Bernard, associée et responsable marketing d’Edeni, le "club zero waste positif pour urbains exigeants et engagés". Petit échauffement.

S’enfermer dans une salle pour courir, quelle absurdité !

Edeni a popularisé le plogging à Paris, comment en êtes-vous venus à vous intéresser à la question du sport dans la transition écologique ?

Avec Edeni, nous organisons depuis septembre 2017 des bootcamps sur six semaines pour initier les particuliers au zéro déchet, à l’éthique, à la santé, à l’écologie… Et rapidement, on s’est rendu compte qu’il y avait énormément de thématiques à ajouter dans le programme : on avait pas mal de demandes des participants sur le tourisme ou le sport. On a donc récemment découvert le concept du "plogging", qui vient de Suède, et qui avait déjà commencé à être popularisé depuis plus d’un an par l’association Eco Run Team, basée à Nantes. Donc on a eu très envie d’apporter ça à Paris. Le 10 juin, nous organisons une troisième session plogging, sur le canal Saint-Martin. Au début il y a un côté déprimant face au nombre de déchets collectés sur 1 kilomètre… Mais c’est un excellent moyen de sensibiliser les gens qui courent, et les passants. En plus, le plogging demande à se pencher en squat, ça gaine les cuisses et les fesses, et la course fractionnée est meilleure au niveau cardio ! C’est plus adapté à ceux qui n’apprécient pas forcément le jogging de quarante minutes au même rythme…

Julie Bernard, responsable marketing chez Edeni.
©DR

Un sport durable, c’est possible ?

Un comportement sera durable à partir du moment où tu pourras continuer à le faire le lendemain sans avoir besoin d’acheter du matériel ou une tenue spécifique, de te déplacer… Effectivement, avec les sports d’hiver, tu ne peux pas y échapper. Rien que pour courir, trouver une paire de baskets durables, c’est compliqué. Il n’y a pas longtemps, j’ai fait un trek. A priori il s’agit juste de marcher dans la montagne, donc ça n’a pas d’impact, mais en fait, si : il y a forcément des déchets générés par le fait d’être en itinérance, par exemple on utilise des contenants jetables. Si on fait un trek de plusieurs heures, on voudra utiliser du papier toilette, or ce n’est pas biodégradable. Pour l’instant on n’a pas encore trouvé de solution parfaite. L’essentiel, c’est qu’on se demande : comment faire au mieux ? Comme toujours avec la question de la durabilité, ça dépend des circonstances. Courir dans la ville sera plus durable que sur un tapis électrique – s’enfermer dans une salle, quelle absurdité ! ​​​​​​Si on est près d’un point d’eau, il vaut mieux nager dans la mer ou le lac que dans une piscine nettoyée au chlore. Toutes ces questions doivent entrer en jeu quand on se met à un sport.

Quelles sont les astuces pour passer à l’action ?

Il y a plusieurs leviers d’action. D’abord il ne faut pas hésiter à regarder les initiatives de groupes qui existent partout et sur plein de sports différents. Le plogging, d’ailleurs, est plus malin à faire à plusieurs, parce que seul, soit on fait l’impasse sur beaucoup de déchets, soit on fait du ramassage tout court ! Sur l’aspect matériel, ensuite, il faut se tourner vers le seconde main et l’économie de partage. Dernier conseil : s’investir dans des mouvements à plus grande échelle. Surfrider (qui participera aussi au Lundi des Citoyens) organise ainsi des ramassages sur les plages pour sensibiliser aux déchets plastiques qui finissent dans l’océan. D’autres associations travaillent à faire en sorte que les événements sportifs soient plus écolo. Dans les festivals de musique, la pratique s’est répandue d’utiliser des ecocups, donc je pense que les choses vont être amenées à évoluer. Par exemple, dans les marathons, pourquoi ne donne-t-on pas un camelbak plutôt que des bouteilles d’eau et des goodies qui ne servent à rien ? Il existe plein de petites solutions.

Sports et écologie : le grand écart ?
Lundi des Citoyens
Lundi 14 mai de 19h30 à 22h30
5 avenue Daumesnil 75012 Paris
Pour plus d'informations, cliquez ici.

Retrouvez toutes nos propositions de sorties culturelles (et durables) sur notre agenda participatif.