Culture

L'écologirl bordelaise Camille Choplin signe son premier livre sur l'écologie positive

Camille Choplin, photo Madia Moureaux-Beugnet.
Madia Moureaux-Beugnet

La blogueuse bordelaise Camille Choplin signe son premier livre, "Tout le monde ne raffole pas des brocolis" (chez Hugo & Cie). Un roman qui aborde avec légèreté et justesse les problématiques auxquelles nous sommes tous confrontés aujourd'hui.

A Bordeaux, Camille Choplin est connue comme le loup blanc de l'écologie : auteure du blog Ecologirl depuis 2006, cette "militante du bon sens" anime plusieurs réseaux écologiques locaux et travaille depuis plusieurs années à la maison écocitoyenne. Sa particularité ? Une vraie fraîcheur de vivre et un sourire aussi large que ses convictions, qu'elle porte avec joie et générosité. Convaincue que rien n'arrive par hasard dans la vie, cette adepte des signes du destin n'est pas surprise quand une maison d'édition la contacte il y a quelques mois pour lui proposer d'écrire un roman, elle qui, deux semaines plus tôt, a décidé de se mettre à l'écriture de nouvelles sur les thèmes qui lui sont chers.

"En passant par le récit, l’imaginaire, on peut sans doute plus facilement embarquer les gens à la découverte de ce nouveau monde qui émerge déjà."

Un ouvrage grand public

Dans la lignée des livres à tendance "feel good", son ouvrage donne vie à trois héroïnes d'âges et de préoccupations différentes : une jeune femme de 20 ans en pleine quête de sens, une trentenaire déjà bien écolo qui se radicalise avec le temps, et une quinquagénaire qui va trouver dans ce mode de vie une seconde jeunesse. "Je ne me suis pas inspirée de quelqu’un en particulier. Il y a un peu de moi en chacune mais j’ai mis des anecdotes et des ressentis vécus par mon entourage ou mon propre vécu" confie Camille Choplin, pour qui ce sont les femmes qui changent le monde. "Aujourd’hui, elles agissent dans l’ombre, comme des millions de petites fourmis invisibles. Et pourtant, partout dans le monde, elles agissent".

Au fil des pages, on se laisse entraîner dans le quotidien de ces femmes qui tissent des liens noués autour de prise de conscience écologique. "Mon souhait est de toucher Madame Tout-le-monde qui n’a pas conscience des enjeux, qui pense qu’être écolo c’est s’éclairer à la bougie. Je veux lui montrer qu’il y a une infinité de possibilités de petits changements dans sa vie, pour prendre soin de soi, des autres, de la Terre. Tout est lié, interconnecté mais nous sommes encore trop peu à en avoir conscience" explique l'auteure, qui réussit en effet à plonger le lecteur dans un bain d'échanges qui fleurent bon le vécu.

L'approche, tout droit inscrite dans la voie de l’écologie positive, cherche assurément à prouver qu'il peut être joyeux de mener une vie plus sobre, d’acheter moins, de ressentir plus… et de vivre en cohérence dans l’ensemble de nos choix (travail, consommation, spiritualité, santé, éducation des enfants…).

La Bordelaise, qui vibre de toutes les initiatives qui chaque jour émergent dans la capitale Girondine, avoue tomber parfois dans l'effroi le plus total, notamment après des annonces aussi glaçante que celle du rapport du GIEC publié en début de semaine. "Il m'arrive souvent de ressentir de l'impuissance, et pas seulement sur le climat. D’autres sujets graves comme la chute de la biodiversité ou les déchets me déboussolent complètement... Mais mon côté positif reprend toujours le dessus. La tristesse, la colère peuvent être des moteurs pour certains. Moi j’ai choisi de me concentrer sur mon moteur : la joie. J’essaie de faire de mon mieux, dans mes actions concrètes mais aussi dans mes pensées. La révolution doit aussi venir de là !"

Hugo et compagnie

 

Du bon sens

Camille Choplin, qui espère que ce livre aidera à la prise de conscience d’un plus grand nombre de personnes, pense qu'il nous faut absolument à court terme "arrêter d’agir comme des automates" et "réfléchir à nos décisions quotidiennes".

On peut prendre des micro-engagements comme Pierre Chevelle nous y invite. Boycotter les hypermarchés, retrouver le plaisir de faire ses courses au marché, en vente directe chez les producteurs. Moins acheter, mieux acheter. Moins regarder de bêtises à la télé, changer de banque, de fournisseur d’électricité… Donner de l’argent à des associations qui font un boulot de dingue sur le terrain. Je pense aussi qu’il est absolument nécessaire de se relier avec des gens qui ont pris conscience et qui refusent la fatalité. Et se reconnecter à la nature, à la beauté de la vie surtout : nous sommes de petites choses qui faisons partie d’un grand tout. Cela nous dépasse tellement, nous en savons encore si peu sur l’intelligence du vivant. Et pourtant… l’Homme devrait réapprendre la notion d’humilité dont l’étymologie vient de « humus », la terre

Ce 13 octobre elle sera à la marche à Bordeaux, ainsi qu'à celles qui suivront, "pour faire corps et montrer qu’on est nombreux.ses. à vouloir faire bouger les choses !", lâche-t-elle dans un sourire fait pour embrasser les autres tout autant que la vie !

Livre : Tout le monde ne raffole pas des brocolis, Hugo & Cie