To do du week-end

La Nuit de la Transition, un festival de courts-métrages engagés

« La Bergerie des Malassis » de Benoit Cassegrain et Hélène Legay
©Benoit Cassegrain et Hélène Legay

Le festival Nuit de la Transition se tient ce samedi. Rencontre avec la marraine de l’événement, la journaliste-réalisatrice Marie-Monique Robin.

Montrer l’exemple n’est pas la meilleure façon de convaincre, c’est la seule ! C’est la croyance qui anime cette première édition de la Nuit de la Transition, festival du court-métrage écologique et citoyen, qui se tient ce samedi 17 février à Vincennes. Au programme : quatorze fictions, documentaires et films d’animation, mettant à l’honneur des initiatives engagées.

Pour inaugurer cet événement, qui de mieux que la journaliste, réalisatrice et écrivaine Marie-Monique Robin, connue notamment pour ses nombreuses investigations révélant les menaces pesant sur la biodiversité. Fervente défenseure d’un monde plus durable, elle répond à nos questions.

Depuis quelque temps, j'essaie d'investiguer les possibles.

Marie-Monique Robin est journaliste d'investigation, réalisatrice et écrivaine.

Votre film Qu’est-ce qu’on attend ? (2016), qui ouvre le festival, présente un village alsacien en transition. En avez-vous fini avec la dénonciation de l’époque Le monde selon Monsanto (2008) ?

Marie-Monique Robin : Depuis quelque temps, j’ai décidé de soutenir ceux que j’appelle les « lanceurs d’avenir », c’est-à-dire ceux qui montrent la voie vers une société plus durable, plus décarbonée, plus juste, plus équitable. À part Le Roundup face à ses juges (2017), qui est dans la même veine que celui sur Monsanto, mes derniers films (Les moissons du futur en 2012, Sacrée croissance en 2014) ont été des enquêtes, certes, mais plutôt sous la forme d’investigation des possibles.

Il s’agit de montrer qu’on peut faire autrement, ici et maintenant, qu’il y a déjà partout des gens qui ont compris la nécessité d’entamer cette transition, et qui le font. Ce n’est pas encore une tendance assez nette dans le journalisme, mais j’aimerais bien que ça le soit davantage.

Vous vous êtes distinguée par vos longs documentaires. Que peut apporter le court-métrage dans l’engagement écologique et citoyen selon vous ?

Le format court a le mérite de pouvoir circuler facilement sur la toile, d’être regardé rapidement, et de traiter d’un seul sujet avec beaucoup de créativité. D’ailleurs on voit bien que c’est dans l’air du temps, il y a une production énorme et les organisateurs de la Nuit de la Transition ont reçu beaucoup de propositions. Ça m’intéresse de voir comment les gens mettent en images et en sons cette idée de la transition.

Les droits humains ont toujours été un moteur pour moi, parce qu'il y a urgence.

J’ai regardé tous les films sélectionnés les uns après les autres, et finalement ça forme comme un puzzle avec plusieurs pièces qui s’emboîtent, c’est sympa. J’ai notamment été marquée par la diversité des thèmes abordés, qui incluent évidemment la question environnementale mais aussi celle des migrants par exemple. On ne peut pas dissocier la crise du climat, les situations de guerre et la question migratoire. Aussi, la variété des supports est impressionnante : de la fiction, du reportage, du dessin animé…

Et quels sont vos combats aujourd’hui ?

Ouh là ! (Rires) Les droits humains ont toujours été un moteur pour moi. C’est une problématique que je traite depuis des années parce que je pense qu’il y a urgence à affronter ces grands défis qui sont ceux du 21e siècle : le dérèglement climatique, l’extinction de la biodiversité, l’épuisement des ressources…

En ce moment, je travaille sur un documentaire sur l’initiative ATD Quart-Monde « Territoires zéro chômeurs de longue durée ». Je suis depuis trois ans le même territoire en expérimentation, à Mauléon dans les Deux-Sèvres, pour en raconter l’histoire, de la genèse jusqu’à l’embauche de tous les chômeurs.

La Nuit de la Transition
Samedi 17 février de 16h à 22h30
Auditorium Cœur de Ville de Vincennes
98 rue de Fontenay 94300 Vincennes
Pour plus d'informations, cliquez ici.

Retrouvez toutes nos propositions de sorties culturelles (et durables) sur notre agenda participatif.