Culture

Zone à Défendre, une nouvelle forme d'activisme

Un barrage bloquant une route départementale
©LOIC VENANCE / AFP

La notion de Zone à Défendre (ZAD) a été fortement médiatisée avec la décision récemment prise par le gouvernement de mettre fin au projet d'aéroport de Notre Dame des Landes. En France, il en existe plusieurs. Quelles sont-elles ? Et que signifie cette nouvelle forme d'activisme ?

Notre Dame des Landes est connue pour être "la mère de toute les ZAD" - imaginé en 1963, ce projet fut un objet de lutte sans merci entre promoteurs et opposants jusqu'à la décision de retrait de ces derniers jours. Aujourd'hui, les filles de ZAD incarnent les projets d'autoroutes, aéroports, lignes LGV, stades de foot, incinérateurs, centrales nucléaires, lignes à très haute tension et tous ces "grands projets inutiles" qui, pour les auteurs du Petit livre noir des grands projets inutiles, "ne font que reprendre les recettes qui nous ont menés dans l’impasse".

Occuper le terrain

En réalité, cette forme d'activisme est une autre manière d'occuper le terrain. Si certains en détournent même le terme aujourd'hui - tel le maire de Dolus d'Oleron qui parle de ZAD pour qualifier la Zone Alimentaire Durable qu'il entend opposer au projet d'implantation d'un restaurant Mc Donald sur sa commune, d'autres prennent le temps de décortiquer la nature de cette forme de protestation. Il en va ainsi de l'ouvrage de Vincent Le Coq, juriste, essayiste multirécidiviste qui signe ces jours-ci Projets publics, réseaux privés aux éditions Libre et Solidaire.

Une manipulation d'Etat

Dans ce pamphlet de 370 pages, ce spécialiste du système judiciaire décortique en particulier les cas de Notre Dame des Landes (projet d'aéroport), Sivens (projet de barrage), Bure (projet d'enfouissement des déchets nucléaires) et Lyon Turin (projet de liaison ferroviaire). Analysant textes juridiques, articles de presse et discours, il prend le temps d'analyser ce qui, pour lui, est une "manipulation d'état" et une fâcheuse tendance à criminaliser les mouvements sociaux en Europe.

La lecture doit être attentive pour entrer dans son raisonnement, mais on en ressort riche d'un point de vue qui défend, nombre d'arguments à l'appui, le besoin de défendre autrement la notion d'intérêt général. "Ce n'est plus dans une approche intégrative, mais bien continue, qu'il nous faut aujourd'hui associer les différentes parties prenantes à ce genre de dossiers" plaide-t-il, "l'opinion publique se doit d'être éclairée de manière contradictoire, et la presse a un rôle majeur à jouer dans cette histoire car l'information est la meilleure arme contre la manipulation".

Une lecture à digérer donc, mais utile pour comprendre aujourd'hui ce nouveau mode contestataire et la dimension politique utile qu'elle contient. Des affaires à suivre !