To do du week-end

Journées culturelles de l’écologie : une semaine de littérature, expositions et films sur l’environnement

La librairie éphémère du Festival du livre et de la presse d'écologie 2017.
©Eric Coquelin

Le Festival du livre et de la presse d’écologie (Felipé) co-organise cette année les 1ères Journées culturelles de l’écologie. Tables rondes, conférences, projections, exposition, spectacle, librairie éphémère, balades, ateliers pour petits et grands… Du 9 au 16 octobre, le 100ecs se transforme en véritable “manifestation populaire” autour des enjeux environnementaux.

Marion Delabie, présidente du Félipé, répond à nos questions et nous livre ses recommandations sur les lectures durables du moment.

Comment est né le festival ?

Le festival existe depuis 2003. Au départ, il a été créé par des militants écologistes et des professionnels de la culture dans le 18e arrondissement de Paris, en même temps que l’association du même nom. La 1ère édition a eu lieu sous un chapiteau en hiver ! Avec les années, ça a grandi. On est allés à la Bellevilloise, et depuis trois ans au 100ecs, qui rassemble autour de 1000 visiteurs par an. L’objectif était de promouvoir l’accès à la culture pour tous, avec un événement grand public, et de sensibiliser à l’environnement et aux problématiques écologiques. Avec aussi le souci de mettre en avant des acteurs indépendants, des petits éditeurs…

Quelle est votre définition de la littérature d’écologie ?

C’est très varié. Avant, l’écologie était un genre marqué, un thème pas très grand public. Mais aujourd’hui il peut s’agir aussi bien d’un livre ou d’une presse très spécialisés que de littérature plus accessible : des vulgarisations, des romans, de la bande dessinée aussi… L’écologie est partout, c’est un enjeu qui devient de plus en plus urgent. Donc on essaye de toucher le maximum de gens soit en les sensibilisant, soit en les informant avec des documentaires. Il y a aussi beaucoup de choses pour la jeunesse.

Pourquoi l’envie cette année d’inaugurer les 1ères Journées culturelles de l’écologie ?

On s’était rapprochés l’an dernier du festival Effet de CER, un festival de films militants écologistes. Cette année, l’idée était de rassembler nos forces pour toucher des publics différents. Eux le font avec le film, nous avec l’écrit, mais les messages qu’on porte sont les mêmes. Il y a en plus une exposition organisée pendant toute la semaine.

Insolente Veggie, tome 1. "Une végétalienne très très méchante" (La Plage, 2015)
©Rosa B

Quels sont les moments forts de ces Journées ?

Ce week-end, surtout le Felipé ! Le thème est “s’encrer dans le sol” avec un jeu de mots entre l’ancrage local et l’encre de l’écrit. Il y aura notamment une table ronde sur l’élevage ; une sur les migrants, comment on les reçoit, comment on les accueille, aux niveaux public et privé ; une sur l’extractivisme, à quel point c’est dévastateur et quelles sont les solutions alternatives ; une plutôt littéraire qui rassemble des auteurs ; une dernière sur la ZAD, les communs et l’écoféminisme, avec Jade Lindgaard et Isabelle Cambourakis. Il y aura aussi des rencontres plus intimistes, avec l’auteur de bande dessinée Augustin Lebon, qui a réalisé une série d’anticipation sur les OGM, et une autre avec l’association des Murs à pêches de Montreuil, à qui on donne une carte blanche.

Et enfin une balade le samedi et le dimanche, un atelier yoga – parce qu’on a voulu que “s’encrer dans le sol“ soit décliné de toutes les manières ! – et des ateliers pour les enfants pour créer des livres peints ou imprimés autour de L’Enfant du désert de Pierre Rabhi et pour réaliser une fresque. Il y aura également un spectacle, parce que c’est important pour nous que ce soit festif : un conte scientifique, adapté pour les enfants de 6 à 12 ans, sur les lombrics, pour en apprendre plus sur le compost.

D’où est venue l’idée de ce thème, le sol ?

Ça nous permettait de regrouper beaucoup de sujets d’actualité, comme la question des migrants, de l’élevage, des communs aussi. Le sol parle à tout le monde. C’est suffisamment large pour pouvoir aborder une multitude de thèmes qui paraissent différents de prime abord mais qui posent la même question de ce qu’on fait de notre sol : comment on le sauvegarde, comment on l’habite, comment on le partage avec les autres humains mais aussi avec les autres espèces

En quoi la culture peut-elle parvenir à changer les choses ?

C’est quelque chose qui va nous toucher autrement qu’un débat entre politiques. C’est un moyen pacifiste, un peu lent mais efficace, plus personnel, de convaincre par l’émotion. Quand on a accès à la culture, ça nous permet de réfléchir par nous-mêmes, qu’on ne soit pas des moutons. On sera tous touchés différemment, certains par la musique, d’autres par les arts visuels, d’autres par l’écrit. Notre objectif à nous est de parler également à des personnes pas forcément intéressées par le militantisme mais qui peuvent réussir, par le biais de la culture, à changer des choses à leur manière, à leur échelle.

Quelles sont les dernières actualités littéraires à ne surtout pas manquer ?

Dans les coups de cœur de l’équipe cette année, il y a surtout beaucoup de BD ! Ce qu’il faut de terre à l’homme de Martin Veyron, qui date déjà de 2016 mais qui est en lien avec le thème du sol. C’est une interprétation de Tolstoï qui pose la question de la propriété notamment. On a aussi adoré On achève bien les éleveurs chez L’Échappée, parce qu’on ne se rend pas compte à quel point l’élevage est un métier difficile. Le livre est très beau. Ensuite Akkinen, zone toxique sur l’extractivisme. L’auteur ne sera pas présent au festival mais c’est l’un des livres qui nous a donné envie de parler de ça. Très poétique. Enfin Humains, la Roya est un fleuve d’Edmond Baudoin, encore une bande dessinée, super touchante, qui donne un autre regard sur la question des migrants. Puis le livre Éloge des mauvaises herbes, coordonné par Jade Lindgaard, sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. Ils ont “gagné” entre guillemets mais il reste encore des choses à faire, et l’expérience a posé plein de questions qui seront utiles pour d’autres projets à défendre et d’autres problématiques.

Et des maisons d’édition prometteuses à suivre ?

Le Passager clandestin, un éditeur indépendant et très militant, qui traite pas mal d’actualité, pour se documenter. Toujours dans une démarche militante, il y a L’Échappée, Écosociété, Utopia, qui seront présents ce week-end. Plus grand public, les éditions Rue de l’échiquier qui sont assez diversifiées, qui font de la jeunesse, du docu, du pratique. Également Terre vivante, sur le jardinage bio, les soins naturels, les habitats écologiques, etc. pour passer à l’action.

Journées culturelles de l'écologie
Du mardi 9 au mardi 16 octobre
100ecs, 100 rue de Charenton 75012 Paris
Pour plus d'informations, cliquez ici.

Retrouvez toutes nos propositions de sorties culturelles (et durables) dans notre agenda participatif.