La chanteuse et compositrice américaine Taylor Swift sur scène lors de sa tournée "The Eras Tour", à la Paris La Défense Arena à Nanterre.
©ANNA KURTH/Hans Lucas/Hans Lucas via AFP
Culture

Taylor Swift : entre tournée lucrative et controverse environnementale

Le week-end dernier, l’artiste la plus écoutée sur la planète en 2023 (selon Spotify) était présente à Paris pour quatre concerts à la Défense Arena. La chanteuse admirée de ses fans est pourtant régulièrement la cible de critiques qui dénoncent son empreinte carbone.

En 2022, la société britannique de marketing durable Yard mène une enquête concernant les émissions de carbone émis par les jets privés des célébrités. Un classement au sommet duquel se trouve Taylor Swift. En à peine sept mois, la célébrité comptabilisait 170 vols à son actif, pour une durée moyenne de 80 minutes, le tout représentant 8293,54 tonnes de CO2. 

Ses déplacements fréquents sont suivis par des comptes X, comme celui de Jack Sweeney, un étudiant de 21 ans connu pour dénoncer les voyages excessifs des personnalités publiques. Pourtant, la chanteuse ne voit pas cela d'un bon oeil et a menacé de l'attaquer en justice, considérant ce suivi, accessible à tous, comme du "harcèlement criminel".

Une tournée rentable, mais polluante 

Outre ses nombreux déplacements, c'est a présent l'empreinte écologique de sa tournée "The Era's Tour" qui pose question. Traversant plus de 20 pays a travers 151 dates, cette tournée planétaire devrait rapporter plus de 2 milliards de dollars de bénéfices à la star.

Une tournée lucrative certes, mais pointée du doigt pour son impact environnemental. En effet, en ne prenant en compte que la partie américaine de sa tournée, la star aurait émis en transports ce qu'émettent 17 Français en un an selon une enquête de Greenly. 

Pour les dates parisiennes, c'est près de 40 000 fans de l'artiste qui étaient attendus chaque soir. Une nouvelle qui réjouissait le secteur du tourisme, les spectateurs venant de toute la France... et du monde entier. Des fans américains expliquaient même qu'il était moins coûteux de venir des USA pour aller au concert de Paris, plutôt que de payer les places dans leur pays. Ils seraient au total 20 % d'étrangers à être venus à la Défense Arena chaque soir, selon la vice-présidente de la salle, Bathilde Lorenzetti.

L'achat de crédits carbone, une solution ?

Outre les jets privés, l'impact environnemental de sa tournée serait également dû aux déplacements des spectateurs. Un document rédigé par le Syndicat des entreprises artistiques et culturelle en 2022, explique que le déplacement du public représenterait la part la plus importante de l’empreinte carbone du spectacle vivant, à raison de 66% des émissions de gaz à effet de serre.

La chanteuse affirme pourtant, via son agent, qu'elle a acheté "le double de la quantité de crédits carbone nécessaire pour compenser ses vols dans le cadre de sa tournée" (BBC, 13 février 2024). Pourtant, à ce stade, aucune confirmation de cet achat n'a été obtenue.

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