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Culture

“Aya” : face à l’inexorable montée des eaux, une adolescente refuse de quitter son île

En salles le 12 octobre, "Aya" dresse le portrait d'une jeune fille attachée à son île.
© DR

A l’affiche le 12 octobre, "Aya" raconte l’histoire d’une jeune fille qui vit à Lahou, en Côte d’Ivoire. Alors que son village est voué à disparaître sous les eaux, elle choisit de rester coûte que coûte sur son île. A travers ce récit initiatique doux-amer, le réalisateur Simon Coulibaly Gillard, qui mêle ici les codes du documentaire et de la fiction, interpelle sur les conséquences du réchauffement climatique. Entretien. 

Adolescente joyeuse et insouciante, Aya grandit aux côtés de sa mère et de son petit frère, à Lahou, en Côte d’Ivoire. A l’heure du changement climatique, ce petit paradis est menacé par la montée des eaux et l'érosion du littoral. Inquiets de voir leur maison “manger” par les vagues, certains habitants décident de plier bagage pour se rendre à Abidjan, la capitale. A contre-courant, Aya refuse de suivre le mouvement. “La mer peut venir, je ne m’en vais pas”, affirme-t-elle. 

Mêlant fiction et réel, ce film, en salles le 12 octobre, dresse le portrait lumineux d'une jeune fille, attachée à son île et à son identité. Avec sa caméra, le réalisateur Simon Coulibaly Gillard saisit également les ravages causés par la montée des eaux sur l'île de Lahou. Interview.

Comment avez-vous découvert cette presqu'île ?  

C'est un peu un hasard. En repérage pour un autre film en Côte d’Ivoire, j’ai acheté une voiture d’occasion à Abidjan et je suis parti pour 6 000 km de route. Au bout de 250 km, ma voiture est tombée en panne. Bloqué sur place, j’ai décidé, un jour de dépit, de monter dans un bateau pour voir ce qu’il y avait de l’autre côté de la rive. Je suis arrivé à Lahou-Kpanda, un endroit qui m’a semblé paradisiaque. Au coucher du soleil, les villageois s’éclairaient à la bougie, et chantaient. J’ai découvert une tout autre réalité le lendemain quand le chef du village m’a fait visiter l’île.  

Le film témoigne des effets de la montée des eaux. Comment cela se traduit-il concrètement ? 

La principale trace de cette montée des eaux, c’est un cimetière historique, de près de 200 ans, qui est dévoré par les flots. Les villageois doivent exhumer les corps de ce cimetière. Cette réalité m’a choqué quand je suis arrivé sur l’île. On les voit casser les tombes avec des masses pour récupérer les ossements de leurs pères et de leurs mères qu’ils ont enterrés des décennies auparavant. Ils les réenterrent ensuite à l’intérieur de l’île, plus à l’abri des vagues.  

Menacés par l’érosion, les “vivants” sont aussi contraints de déménager leur maison. Il y a un exode rural massif. Les habitants partent “se chercher” en ville. Ce déracinement est tragique. Leur culture est plus qu’en péril, elle est déjà pratiquement enfouie. En une dizaine d’années, un phare, des hôpitaux, une mairie, une prison et une partie du cimetière ont progressivement été engloutis. 

La mer avance de deux mètres chaque année. Comment explique-t-on ce phénomène ?  

Il y a plusieurs facteurs. Sous l’effet du réchauffement climatique, l’intégralité du littoral de golfe de Guinée subit un changement des courants marins. Au lieu de tourbillonner dans un sens, l’eau tourbillonne dans un autre sens ce qui provoque une plus grande érosion. Par ailleurs, la presqu’île de Lahou-Kpanda fait face à l’océan et à un fleuve qui se déverse dans une lagune. Dans les années 80, un barrage hydroélectrique a été construit pour ralentir le débit du fleuve Bandama aggravant l'érosion du littoral. 

Aya

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