Livres

Vingt missives pour changer le monde

Couverture du livre de Maxime de Rostolan
Larousse

Le documentaire "On a 20 ans pour changer le Monde", réalisé par Hélène Médigue, est sorti en salle le 11 avril dernier. Il s'accompagne d'un petit ouvrage rédigé par Maxime de Rostolan, fondateur de Fermes d'Avenir, qui mérite aussi grandement le détour.

Cher "mAx",

Je ne sais s'il est correct de prendre ainsi la plume, en bonne journaliste qui se respecte, pour parler de ton ouvrage. Mais aux lectrices et lecteurs qui liront ces quelques lignes, sachez que Maxime est un ami de longue date. Pourquoi vous le cacher, si ce n'est pour vous faire croire sans scrupule que son livre est formidable afin d'en faire la promotion ? Non, je vous en informe parce qu'en lisant les 122 pages de ce recueil de vraies-fausses missives que Maxime de Rostolan a envoyées à différentes personnalités de l'univers, on ne peut qu'être touché par la générosité de son engagement : "mAx", ainsi que je l'ai toujours vu signer ses messages, est dans cet ouvrage égal à celui qu'il est dans la vraie vie.

Dans les vingt lettres que tu rédiges aussi bien à Trump qu'à tes proches collaborateurs, à tes amis artistes Manu Chao ou Guillaume Meurice tout comme ceux que tu ne connais que de nom, on ne sent que tes tripes que tu utilises en permanence pour défendre ce champ de bataille qui est devenu le tien depuis quelques années, celui de la transition agricole. Qu'ils soient banquiers ou chefs de projets, responsables politiques ou entrepreneurs, tu prouves à travers tes écrits qu'être en avance sur la suite ne peut se faire qu'en bonne intelligence pour répondre aux besoins de chaque partie en présence.

Je trouve malin l'idée de t'adresser ainsi à différents types de personnalités. En glissant à chacune quelques anecdotes et en leur parlant ainsi ouvertement, on entre à pieds joints dans ton intimité tout en comprenant mieux ton approche... "Tout commence par un bonjour..." rappelles-tu à plusieurs reprises, et c'est dans l'interaction constructive et bienveillante que tu inscris tes efforts. Désireux de "rassembler les différentes visions de la transition alimentaire des territoires et fédérer les acteurs concernés", tu as bien conscience qu'il y a trop de mondes différents dans notre Monde, et ne désespère pas de mobiliser ce fameux minimum de citoyens auxquels beaucoup pensent pour faire changer la donne. Il en faut, de l'énergie, pour rassembler, et je souhaite que la tienne reste renouvelable et contagieuse aussi longtemps que possible !

Tu m'as dit avoir envoyé l'original de la lettre à chacun.e de tes destinataires, partant du principe qu'ils répondraient positivement à tes demandes (comme celle de faire passer la cantine de ta fille en bio, ou de voir le ministère de la Santé investir dans des politiques préventives plutôt que curatives...), je serais curieuse maintenant de savoir quelles réponses t'ont été faites. Tes questions sont simples, mais si le problème est la solution, comme tu le dis si souvent, les réponses mettent trop souvent du temps à venir... Heureusement, des acteurs comme toi sont de plus en plus nombreux : si la force des choses est plus forte encore que nos convictions, le mur qui se rapproche finira sans doute par embarquer les plus sceptiques.

En attendant, rendez-vous dans dix ans comme tu dis... quand je regarde où nous en étions en 2008 lors de notre première rencontre lors de la création du Réseau Français des Etudiants pour le Développement Durable, je me dis qu'on a encore beaucoup à faire, mais que la transmission est faite ! J'espère que l'avenir tiendra ses promesses, et que la civilisation humaine saura, comme nous l'espérons tous ici, retrouver sa place au sein de la Nature, son humilité face à la complexité du Monde, et sa solidarité.

A vite,

Anne-Sophie