DESTINATIONS ENGAGÉES

Wwoofing : une ferme pour faire du tourisme autrement dans les Cévennes

La Baraque est une petite ferme isolée dans les Cévennes qui accueille régulièrement des woofeurs.
©Ferme La Baraque

Chaque fin de semaine, ID vous propose de découvrir des destinations touristiques françaises éco-responsables. Rendez-vous dans les Cévennes au sein de la Ferme de La Baraque : immersion garantie, en mode "wwoofing". 

La ferme de légumes bio de La Baraque, située à Aujac dans les Cévennes, est une hôte de l'association WWOOF France. Elle accueille ainsi des wwoofeurs : le wwoofing consiste à passer des vacances actives en immersion dans des fermes biologiques ou chez des particuliers soucieux du respect de l'environnement, afin de découvrir leur mode de vie en apprenant et en participant à des activités. Lors de ce séjour, le gîte et le couvert sont offerts gracieusement par les hôtes. WWOOF France met en relation des bénévoles avec plus de 1700 fermes biologiques en France. ID s'est entretenu sur ce mode de vacances alternatif avec Jonas Nivon, propriétaire de La Baraque avec sa compagne Lysanne. 

Depuis combien de temps proposez-vous du wwoofing dans votre ferme et quel est selon vous l'intérêt de cette expérience ?

Nous avons repris la ferme de mes parents en 2013 et nous avons commencé à accueillir des woofeurs dès le début. J'ai moi-même été wwoofeur : je suis parti au Québec pendant cinq mois en 2008 pour vivre cette expérience. J'y suis allé dans l'optique de me former parce que j'avais dans l'idée de reprendre la ferme familiale tout en ayant un désir de voyage. Le wwoofing est un moyen de découvrir ce qu'est la vie sur une ferme bio et de partager le quotidien des exploitants en les accompagnant dans leurs activités.

Vous cultivez des légumes sur votre exploitation : que peuvent y découvrir les wwoofeurs ?

Nous vivons dans une petite ferme de montagne, sur des terrasses assez étroites, c'est assez escarpé. Nous cultivons effectivement surtout des légumes, nous avons aussi des arbres fruitiers, et quelques animaux, des poules, des moutons.... Nous travaillons d'ailleurs en traction animale avec des ânes. Le wwoofeur qui arrive chez nous n'a aucune obligation : nous lui expliquons quel est notre rythme de travail, l'heure à laquelle nous nous levons et nous mangeons, et libre à lui de se lever en même temps que nous ou non. Mais ce que veulent généralement les wwoofeurs, c'est nous suivre au quotidien. Je leur propose surtout de me suivre le matin et de faire ce qu'ils veulent l'après-midi : partir en randonnée, lire les livres que je leur mets à disposition...

©La Baraque

Quel est le profil des wwoofeurs que vous recevez et que recherchent-ils en passant du temps chez vous ?

Nous recevons environ une quinzaine de wwoofeurs par année : nous avons surtout des Français mais quelques étrangers également. Ce sont généralement des jeunes couples curieux de l'agriculture bio et de la paysannerie et qui aimeraient vivre plus près de la nature sans forcément devenir agriculteurs, mais en ayant au moins un potager et quelques animaux. Ils viennent acquérir des connaissances et voir si ce mode de vie leur plairait, ou s'il s'agit simplement d'un doux rêve. Pour moi, c'est d'ailleurs l'une des vertus principales du wwoofing : ils se rendent compte que ce mode de vie n'est pas toujours facile. Nous leur demandons en général de rester au moins une quinzaine de jours, pour pouvoir tisser de vrais liens. 

Qu'est-ce que cela vous apporte en tant qu'hôte ?

C'est un véritable partage. C'est une manière de voyager, de voir du pays. Dernièrement, nous avons reçu des Français originaires d'Alsace qui vivent en Suisse, un beau mélange culturel. Nous avons aussi reçu des gens qui avaient vécu quinze ans au Tchad... Ce sont des découvertes exceptionnelles qui permettent de bouger sans bouger.

©La Baraque

Sentez-vous de la part des Français un intérêt croissant pour le wwoofing ? 

C'est clairement en plein essor : je remarque que les gens qui n'en font pas et à qui on en parle savent de quoi il s'agit, ce qui était vraiment moins le cas avant. 

©La Baraque

La page WWOOF de La Ferme de la Baraque app.wwoof.fr/host/398

Le site de WWOOF Francewww.wwoof.fr