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Vêtements écologiques: quelles fibres textiles choisir ?

La culture et le traitement de certaines fibres textiles peuvent s'avérer très polluants.
©Olga Makina/Shutterstock

Alors que s’achève la Fashion Week de Paris, et si nous mettions à l’honneur la mode… responsable ? La matière première ayant un grand rôle à jouer dans l’impact environnemental de nos choix vestimentaires, ID fait le point sur les fibres textiles à privilégier pour moins polluer.

Savez-vous que 4 % de l’eau potable disponible dans le monde est utilisée pour produire nos vêtements, qu’il faut l’équivalent de 285 douches pour fabriquer un jean et que la mode émet 1,2 milliard de tonnes de gaz à effet de serre chaque année ?*  Des chiffres liés à l’ensemble du cycle de vie de nos vêtements : choix des matières premières, confection, tissage, traitements spéciaux, teinture, transport...

Pour faire de meilleurs choix – à l’heure où nous achetons en moyenne 60 % de vêtements en plus qu’il y a 15 ans en les conservant moitié moins longtemps – on peut prêter attention aux labels apposés sur des vêtements respectueux de la planète et de la santé. ID a répertorié la plupart d’entre eux ici. Il est aussi primordial de bien choisir ses matières premières textiles, les fibres composant nos vêtements étant souvent très polluantes et pouvant impliquer l'utilisation de produits chimiques et de métaux lourds. Que faut-il alors privilégier ?

  • Parmi les matières naturelles

On retrouve dans les matières naturelles les matières végétales (coton, lin, caoutchouc…). Le coton représentant un quart de la production mondiale des fibres textiles et nécessitant notamment beaucoup d’eau et de pesticides, il représente selon l’Ademe une « pollution agricole » et même un « risque de santé » pour les cultivateurs. Ses fibres subissent des traitements chimiques polluants comme le blanchiment au chlore et des teintures aux métaux lourds. L’Agence précise qu’il vaut mieux privilégier le coton bio et des fibres qui ne nécessitent pas beaucoup d’eau et d’engrais, le lin par exemple, dont la France est le premier producteur mondial. On peut également se tourner vers le chanvre. Ekyog, Knowledge Cotton Apparel, Modetic, Filabio, Comptoir Biosud notamment, sont autant de marques qui proposent ces fibres textiles.

Les matières animales (cuir, laine, soie) sont plutôt déconseillées. Moutons, vaches, alpagas, mérinos entre autres élevés pour l’industrie du textile, du cuir et de la fourrure vivent le plus souvent dans des conditions difficiles et sont parfois maltraités, note à ce sujet l’Ademe – hormis dans le cas certains élevages engagés. Elle ajoute que le chrome et les produits chimiques servent souvent à tanner le cuir par exemple, et qu’on les retrouve dans les rivières à travers les rejets des eaux usées non traitées. Dans le cas des fourrures, mieux vaut les éviter ou si l'on y tient vraiment, privilégier le synthétique.

  • Parmi les matières chimiques

Les matières chimiques regroupent les matières synthétiques et les matières artificielles. Nylon, polyester et élasthanne sont des matières synthétiques produites à partir de pétrole, des procédés industriels extrêmement polluants. Quant aux fibres artificielles comme le viscose ou le lyocell, celles-ci sont obtenues à partir de ressources naturelles comme la cellulose de bois, le soja ou le maïs avec utilisation de procédés chimiques. A choisir, mieux vaut se diriger vers les matières provenant de ressources naturelles, selon l’Ademe.

Le lyocell, fibre 100 % cellulosique, est biodégradable : il est produit à partir de pulpe de bois (feuillus, eucalyptus, bambou) dont le mélange est dissout dans un solvant organique recyclable en circuit quasi-fermé. On le retrouve entre autres sous la marque déposée  "Tencel®", du groupe autrichien Lenzing. Cette fibre "Tencel®" est issue de bois d’eucalyptus : les arbres viennent de plantations gérées durablement et certifiées FSC (Forest Stewardship Council).

Certaines fibres synthétiques sont enfin issues du recyclage de bouteilles en plastique, par exemple pour fabriquer des vêtements en polaire : on peut aussi les privilégier.

Sources : *ADEME, Le revers de mon look, 02/03/18 et Ellen MacArthur Foundation, A New textiles economy. Redesigning fashion’s future outlines, 2016 et Circular Fibres Initiatives Analysis, 2016 /Fashion Revolution, 2017.