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Valorisation des matières recyclées: la filière du recyclage dans l'impasse 

La filière du recyclage se trouve dans l'impasse concernant la valorisation des matières recyclées produites par les plastiques, cartons ou métaux non ferreux collectés pour être recyclés.
©RYosha/Shutterstock

Les professionnels du recyclage, après une année 2018 "globalement positive", s'inquiètent d'"une dégradation du climat des affaires" sur le plan économique comme réglementaire.  

Les tonnages collectés ont augmenté à nouveau l'an dernier, de quelque 2 % à 107 millions de tonnes, nourris par une activité industrielle et une consommation des ménages soutenues, indique le rapport annuel de leur fédération (Federec), présenté mercredi 30 octobre.

Les investissements du secteur ont crû de 9 % (soit 568 millions d'euros et 6,3 % du chiffre d'affaires), de même que les recrutements, avec des effectifs à +1,6 % (le secteur assure générer plus de 28 000 emplois dont 85 % de CDI). Le chiffre d'affaires global de la filière (un millier d'entreprises et 2 000 établissements) a cependant reculé d'environ 1 %, pour se stabiliser à 9 milliards d'euros. "Derrière la forte activité de nos entreprises en 2018, se cachent des difficultés croissantes pour nos entreprises à valoriser les matières issues du recyclage sur les marchés nationaux et internationaux", alerte le président de Federec, Jean-Philippe Carpentier.

Impossible d'écouler les matières recyclées

La filière papiers-cartons souffre particulièrement, et dans une moindre mesure la filière des métaux non ferreux. Côté papiers, le gisement est en baisse chronique. Mais, en 2018, l'activité de recyclage des cartons a été aussi affectée, une nouveauté liée à la fermeture de débouchés asiatiques qui permettaient d'écouler l'excédent européen.

La première conséquence de cet excédent de l'offre par rapport à la demande est un effondrement des prix du carton, qui vont atteindre leur niveau le plus bas depuis dix ans. Autre conséquence, l'impossibilité d'écouler les matières issues des centres de tri, qui vont rapidement se trouver engorgés. "L'arrêt temporaire de certains centres de tri n'est pas à exclure", prévient Federec, pour qui, cependant, la création de nouvelles capacités en Europe et la structuration de certains marchés asiatiques (hors Chine) devraient offrir de nouveaux débouchés à partir de 2020.

Du côté des métaux non ferreux, on invoque aussi l'impact de la décision chinoise d'interdire l'importation de certains déchets sur son territoire. Mais 2018 reste "une belle année", le recul du tonnage étant à relativiser après une année 2017 marquée par une forte hausse (10 %), ajoute-t-on. Pour les plastiques, la filière est "en pleine tempête", avec en 2018 une stabilité des volumes collectés (904 000 tonnes, soit +0,4 %) mais une baisse du chiffre d'affaires (188 millions d'euros, -4,5 %). En cause, le "tsunami" de la décision chinoise (les exportations hors UE ont diminué de 82 % en 2018 par rapport à 2017), aggravé par le renforcement des objectifs de collecte et la limitation des déchets dans les installations de stockage et les incinérateurs.

Faciliter les solutions alternatives

"La régulation des stocks sur les sites est aujourd'hui une priorité et un défi pour les exploitants de nos installations", qui ont aussi "de grosses difficultés à trouver des solutions de stockage pour les refus de tri", souligne M. Carpentier. "La conséquence est que certaines installations de recyclage cessent leur activité faute de solution de prise en charge des refus". La Fédération demande ainsi aux pouvoirs publics de faciliter les solutions alternatives comme la valorisation énergétique - incinération. Les professionnels constatent une concentration du secteur. "La complexification des marchés oblige certaines entreprises à se recentrer sur leur coeur de métier", note aussi M. Carpentier.

"Le projet de Loi Économie Circulaire, en discussion, doit fournir des réponses et amène de nouveaux défis pour nos entreprises, comme les REP (Responsabilité élargie du producteur, envisagées pour de nouveaux secteurs comment le BTP ou le bricolage) ou la consigne pour recyclage", relève-t-il.

Avec AFP.

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