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Reconditionner des voitures : la promesse du rétrofit

Depuis 2006, le salon EVER Monaco est un lieu d’exposition et d'échanges autour de deux thématiques clés : la mobilité durable et les énergies renouvelables.
© DR / Ever Monaco

A l’occasion du salon EVER Monaco qui s’est tenu les 27, 28 et 29 avril dernier, les constructeurs automobiles présentaient leurs dernières nouveautés en matière d’ingénierie automobile et de développement durable.

Depuis 2006, le salon EVER Monaco est un lieu d’exposition et d'échanges autour de deux thématiques clés : la mobilité durable et les énergies renouvelables. Les deux-roues, la voiture individuelle, mais aussi les transports collectifs et industriels sont au cœur des débats, mais la manifestation s’adresse également aux énergéticiens, aux acteurs de l’habitat durable, et à toutes les entreprises qui participent à l’élaboration d’un futur décarbonné. ID s’est rendu sur place et a rencontré les acteurs autour d’une nouvelle tendance au service de l’économie circulaire dans le secteur automobile : le rétrofit.

Le rétrofit, qu’est ce que c’est ? 

Légalisés en mars 2020 par le biais d’un texte publié au Journal officiel, les véhicules thermiques de plus de cinq ans (voitures, véhicules utilitaires, camions, bus et cars), ainsi que les deux et trois roues motorisés de plus de trois ans, pourront faire l'objet d'une conversion à l'électrique, ou "rétrofit”. 

Le rétrofit, c'est la transformation d'un moteur thermique en électrique. Cette conversion est réalisée en installant un kit sur son véhicule. Une façon de ne pas mettre sa voiture qui fonctionne encore à la casse.

Face aux enjeux de décarbonation, de réindustrialisation et d'économie en général, la conversion au rétrofit représenterait 66% de réduction de Gaz à Effet de Serre pour les citadines  (plus de 6 tonnes en moyenne) , et 87% pour les bus (300 tonnes minimum) selon l’ADEME. Au total, cela pourrait concerner 1,2 millions de véhicules sur dix ans soit 10 millions de tonnes de CO2 économisées (un chiffre qui pourrait venir contrebalancer les 130 millions de tonnes par an générées par le secteur des transports en France). 

Une opportunité évidente pour les professionnels… 

“Le rétrofit est très intéressant pour les sociétés possédant des  véhicules qui valent cher et dans lesquels elles ont investi en équipement pour des années. Il serait abberrant  de devoir les jeter, et de reconstituer un équipement de véhicules électriques neufs plus cher que le diesel”, précise Arnaud Pigounides, président de Rev Mobilities, une société à mission pionnière et fondatrice de la filière du rétrofit électrique en France, qui va de l'utilitaire aux voitures anciennes en passant par les bus à batterie mais aussi à hydrogène.

Les artisans possédant des fourgons aménagés notamment pour les livraisons, les gestionnaires de flottes et du dernier km, les grandes agglomérations, les sociétés de location de voitures et les gestionnaires de transport sont particulièrement concernés. 

… mais encore confidentielle pour les particuliers  

En revanche pour les particuliers, l’addition de la conversion à l’électrique peut s’avérer au contraire salée. En cause tout d’abord, une homologation série (spécifique à chaque modèle de véhicule) très coûteuse en France. En effet, pour un  premier véhicule, elle revient à près de 200 000 € : il faut donc  s’assurer d’en faire quelques centaines voire milliers pour que l’opération reste rentable. “L’équation économique est encore à prouver pour des véhicules de production de masse de 15 ou 20 ans type 106 ou Twingo 2 qui nécessiterait beaucoup d’argent pour une remise en état en plus du rétrofit”, ajoute Arnaud Pigounides. 

En plus de son coût financier important, elle est aussi contraignante. Elle doit suivre un cahier des charges défini par un décret, tout en respectant le poids et la puissance initiaux ainsi que les éléments de sécurité existants.“ En cela nous avons les mêmes contraintes de sécurité qu’un constructeur. Nous faisons une demie-voiture neuve électrique dans un véhicule d’occasion. C’est une prouesse d’ingénierie et de supply chain”, souligne Arnaud Pigounides. 

Ainsi, différents acteurs sont présents aujourd’hui sur plusieurs offres : les bus, les utilitaires, mais aussi les véhicules des particuliers, principalement sur la niche des voitures anciennes. Parmi eux, l’entreprise Bymoss a choisi de s’inscrire sur ce dernier créneau en permettant de rétrofiter le Land Rover Defender, une voiture iconique à laquelle les propriétaires sont particulièrement attachés. “C’est très simple, on nous dépose le véhicule le lundi et il ressort en électrique le vendredi”, commente Mostefa Adbou, fondateur de Bymoss.  

Avec le déploiement des  zones de faibles émissions CO2 (ZFE) dans les grandes villes de France à partir de 2024, le rétrofit pourrait permettre la transformation de millions de véhicules prochainement interdits de circulation. 

“Au vu de la transformation de la mobilité, du dernier rapport du GIEC et des nouvelles normes environnementales,  n’est ce pas pertinent globalement ? Regardez le succès de BackMarket, Murfy…  c’est le même principe. Simplement, ici on parle de reconditionner des véhicules”, conclut Mostefa Abdou.

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