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Quand le marketing s'en prend aux enfants

Les groupes industriels adressent certains messages aux plus jeunes
©nito/Shutterstock

Une pétition vient d'être lancée par l'organisation internationale de défense des consommateurs Foodwatch. L'ONG dénonce les pratiques marketing du géant Mondelez et de sa marque LU à l'endroit des enfants. Un débat qui fait l'actualité et qui est nécessaire.

Foodwatch rappelle dans un communiqué qu'en France, un enfant sur six est en surpoids ou obèse. Le problème est donc double : les gâteaux et autres goûters pour enfants sont la plupart du temps trop gras et trop sucrés, et la communication de ces produits cible directement les plus jeunes. Si Mondelez affirme ne pas s'adresser aux moins de 12 ans, on peut légitimement en douter et Lulu l'ourson est un cas parmi tant d'autres, foi de jeune parent !

La pétition lancée par Foodwatch intervient en pleine préparation du projet de loi  dans la continuité des Etats généraux de l'alimentation. L'occasion de remettre sur la table un sujet de société.

Un enjeu identifié par l'Etat

Dans la présentation de la stratégie nationale de santé 2018-2022 publiée par le ministère des solidarités et de la santé, la position est sans équivoque : "dans les prochaines années, il sera donc nécessaire de limiter l’influence de la publicité et du marketing alimentaire sur les enfants en les réglementant et encadrer la promotion des marques associées à des aliments peu favorables au plan nutritionnel". Un message clair, qui ne devrait pas faire débat.

Le marketing s'immisce dans l'éducation alimentaire des enfants

C'est bien d'éducation dont il s'agit, et l'enjeu est de taille pour demain. Qui n'a pas cédé aux sirènes du marketing par la voix de ses enfants (sachant insister à la perfection) pour accepter d'acheter un goûter que l'on sait trop gras et trop sucré, mais aussi composé de produits dont on ne sait pas trop bien les effets ? On connait la suite, nos bambins adoptent les marques au packaging attractif, aux messages sur-mesure avant la vidéo Youtube de "Petit ours brun" !

Le "plaisir" d'un grignotage improvisé ou d'un encas n'est pas altéré s'il est fait à partir de produits naturels et même "fait maison". Et, pour en arriver là, il a fallu anticiper, prendre le temps nécessaire, dans une démarche bienveillante de consommation maîtrisée et engagée. Nous devrions accepter que le marketing exploite la crédulité et la gourmandise de nos enfants pour remettre ce choix en cause à coup d'Ourson et autres mousquetaires ? Inacceptable.

Un enfant n'a pas le discernement avant un âge raisonnable, les industriels le savent parfaitement. Si une contrainte réglementaire serait bienvenue, les citoyens peuvent aussi être à la manoeuvre en boycottant les marques ou en signant des pétitions, comme cette vidéo nous invite à la faire.

Vidéo Foodwatch
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