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Poulehouse : les œufs qui sauvent les poules de l'abattoir

©Poulehouse

Manger des œufs tue les poules : dans tous les élevages de poules pondeuses, ces dernières sont condamnées au chemin de l'abattoir à l'âge de 18 mois, en raison de leur productivité en baisse. Pourtant, elles peuvent vivre jusqu'à dix ans, et pondent tout au long de leur vie. Poulehouse, la maison des poules a imaginé un mode de production qui laisse les bêtes vieillir et commercialise leurs œufs. Accueillies dans un refuge, elles y finissent leurs vies et continuent à pondre en toute quiétude.

Fabien Sauleman est le co-fondateur de Poulehouse, un mode de production d'œufs, novateur qui a vocation a enrayer le destin funeste des poules. La start-up propose des œufs bios et éthiques produits dans leur ferme de 16 hectares, transformée en refuge de poules pour les sauver du traditionnel abattage à l'âge de 18 mois. Explications. 

Qu'est-ce que Poulehouse ? 

Poulehouse est un mode de production qui évite l'abattage des poules. Il faut savoir que dans tous les modes de production, les poules sont systématiquement tuées à l'âge de 18 mois, y compris dans les élevages bio, parce qu'elles sont alors moins productives. Nous les accueillons dans un refuge pour les laisser vivre jusqu'à la fin de leur vie - elles peuvent vivre entre six et dix ans. Elles continuent à pondre, mais à un rythme plus faible, c'est-à-dire en moyenne un œuf tous les deux ou trois jours. Les surcoûts qu'implique ce mode de production sont réintégrés dans le prix de l'œuf et c'est le consommateur qui finance l'ensemble de la vie de la poule

Les oeufs des poules plus âgées ont-ils les mêmes qualités gustatives et nutritionnelles ?

Oui absolument. La seule différence notable est que la coquille peut être un peu plus fragile, due au fait que les œufs des poules deviennent plus gros quand elles vieillissent tandis que la coquille reste de la même taille. 

Dans tous les modes de production, les poules sont systématiquement tuées à l'âge de 18 mois parce qu'elles sont moins productives, y compris dans les élevages bio."

Au niveau du prix, on tourne autour d'un euro l'oeuf. Qu'est ce qui justifie un tel écart de prix ? 

En tuant les poules à 18 mois, on a maximisé le prix le plus bas, donc le consommateur y est habitué. En les laissant vivre jusqu'à la fin de leur vie, elles produisent moins mais mangent autant, donc coûtent plus cher. Mais ce prix correspond vraiment au mode de production que l'on met en place. Souvent, les gens ne sont pas au courant que les poules sont tuées à cet âge-là et sont sensibles à la cause animale, donc ils adhèrent à notre projet. Nos œufs sont bios, et nos poules vivent en plein air

Les surcoûts qu'implique ce mode de production sont réintégrés dans le prix de l'œuf et c'est le consommateur qui finance l'ensemble de la vie de la poule."

Quel est le bilan en chiffres de Poulehouse ? 

Nous avons commencé à commercialiser nos œufs en septembre dernier. Nous sommes implantés dans plusieurs grandes enseignes, comme Biocoop, Franprix, Naturalia, et bientôt Carrefour, donc nous sommes en plein développement. Nous avons également mis en place une campagne de prêt participatif et une levée de fonds. Depuis septembre, nous avons commercialisé plus de 500 000 œufs, donc c'est plutôt un succès. On espère vraiment prendre une part dans le marché de l'œuf bio, et ainsi montrer qu'il y a une autre façon de produire et que c'est ce que souhaite le consommateur

Une interview réalisée en partenariat avec France Inter. Pour écouter la chronique Social Lab, cliquez ici.