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"La crise énergétique favorise le développement de circuits courts de l’énergie"

Albert Codinach, président d’elmy
© DR

Entretien avec Albert Codinach, président d'elmy, un fournisseur d'électricité verte qui propose à ses clients (particuliers, entreprises et collectivités) une offre d'énergie issue d'énergies renouvelables et française "pour leur permettre de participer au développement des énergies renouvelables et de la transition énergétique".

La crise énergétique représente-t-elle un risque pour le développement des énergie renouvelables ? 

Non, au contraire, car la crise énergétique favorise le développement de circuits courts de l’énergie au niveau des territoires, intégrant des solutions d’autoconsommation pour sécuriser et maitriser le budget énergie sur le long terme. 

La crise a fait émerger le besoin de réappropriation de l’énergie par les citoyens. Les énergies renouvelables y répondent, notamment par des projets de petite taille ou de taille moyenne, et décentralisés, c’est-à-dire portés au cœur des territoires. 

Et doublement non, parce que cette crise permet de convaincre les réticents. Nous avons besoin de compter sur des sources d’énergies résilientes. C’est le cas avec les énergies renouvelables. L’exemple qui l’illustre est la nouvelle loi d’accélération des énergies renouvelables. Serait-on allés jusque-là sans cette crise énergétique ? Je ne pense pas. 

Les consommateurs font face à l’inflation. L’électricité verte a-t-elle des arguments convaincants ? 

Oui clairement. Les énergies vertes sont un grand amortisseur de l’inflation. Pour rappel les EnR, ce sont essentiellement du CAPEX (de l’investissement) et leurs coûts de production n’évoluent pas ou peu dans le temps. Ils sont en effet indépendants de l’évolution des prix des matières premières, comme le gaz ou le charbon.  

L’exemple qui illustre cela, ce sont les revenus que l’Etat a pu tirer des énergies renouvelables grâce aux plus-values créées par les EnR en 2021 et 2022. Ces montants servent en partie aujourd’hui à financer le bouclier tarifaire, et à protéger les consommateurs de l’inflation. 

Et surtout, il y a des modèles de production et de consommation qui se justifient d’autant plus dans ce contexte. Avec l’autoconsommation collective et individuelle par exemple. Tant pour les professionnels que pour les particuliers, ce modèle permet de maitriser le budget énergie dans la durée. Avec tous les impacts positifs que cela amène, au-delà de la protection vis-à-vis de l’inflation. 

Sommes-nous déconnectés de la réalité de l’énergie que l’on consomme ? 

Je me demande si on a déjà vraiment été connecté. L’énergie est une réalité physique un peu abstraite, et nous avons consommé de l’énergie sans vraiment rentrer dans les détails. 

C’est un marché complexe qui se joue au niveau européen, avec des mécanismes de production, d’équilibrage, d’échanges aux frontières, de disponibilité des centrales, d’infrastructures comme les réseaux de distribution et de transport, etc.  

Il est certain que les TRVE avec le bouclier tarifaire n’ont pas aidé. Aujourd’hui, les TRVE ne reflètent pas le prix réel de l’énergie. Il est nécessaire de renforcer des dispositifs comme le chèque énergie par exemple, et mettre fin au bouclier tarifaire, pour permettre d'aider les Français dans le financement de leurs dépenses énergétiques, tout en impliquant ceux qui le peuvent vers plus de sobriété énergétique

Choisir un fournisseur, c’est aussi choisir une entreprise. Avez-vous fait des choix radicaux ? 

Je ne suis pas certain que l’on puisse parler de choix “radicaux”, on a tout simplement fait des choix alignés avec notre vision de la transition énergétique, et notre manière de concevoir le rôle de l’entreprise.  

D’un point de vue métier, nous croyons à un modèle intégré. De l’amont à l’aval, c’est à dire de la production à la consommation, avec une maîtrise de la gestion de l’énergie en interne et un service client intégré. C’est pour nous fondamental pour avoir l’impact le plus fort sur la transition énergétique. 

Au niveau social, nous avons porté notre attention sur le bien-être des collaborateurs et l’équilibre vie perso/vie pro. Plusieurs choix structurants ont été fait au sein d’elmy ces derniers temps, comme la mise en place d’une organisation inspirée de l’holacratie, un congé 2e parent élargi et obligatoire, et enfin la semaine de 4 jours pour l’ensemble des collaborateurs. 

Comment est-ce que cela se ressent côté clients ? 

Notre modèle intégré est apprécié de nos clients particuliers comme professionnels, ainsi que de nos partenaires producteurs notamment. Même s’il y a encore de la pédagogie à faire pour faire connaitre ce type de modèle alternatif, et faire comprendre son impact positif sur la transition énergétique. 

Les engagements sociétaux, en général, sont perçues positivement. Nous recevons de nombreux commentaires et avis positifs de la part de clients et d’entreprises qui encouragent ce type de démarche volontariste, et qui s’en inspire. Et cela séduit aussi de futurs collaborateurs ! 

 

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