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QUESTION DU JOUR

Fin des promotions chocs : l'ère de la "dé-consommation" pour les Français ?

La Loi Alimentation, qui prévoit d'assurer la souveraineté alimentaire de la France, sera étudiée au Sénat à compter du 25 septembre : bientôt la fin des promotions chocs et de la surconsommation ? Selon un récent communiqué du cabinet Kantar, les foyers français semblent quoiqu'il en soit déjà "bien décidés à poursuivre leur transition alimentaire". 

Des clients prêts à se battre pour un pot de pâte à tartiner. En janvier dernier, dans plusieurs magasins Intermarché, une promotion exceptionnelle de - 70 % sur le Nutella a conduit à l'hystérie générale. Des scènes d'émeutes qui ont poussé le gouvernement à encadrer plus strictement les promotions, notamment les rabais pratiqués par les grandes surfaces. 

"Ces promotions sont destructrices de valeur en ce qu'elles ne rendent pas compte de la valeur ajoutée par chaque acteur (producteur, transformateur, logisticien, distributeur …). Elle provoquent aussi une perte de repères chez les consommateurs vis-à-vis du juste prix des produits agricoles", peut-on lire sur le site du ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation. Ce dernier précise qu'en outre, de telles promotions engendrent du gaspillage à un niveau important, "dépassant de loin l’effet positif de la baisse des prix". Les remises sur les produits alimentaires devraient être ainsi plafonnées "à 34 % de la valeur et ne pourront concerner que 25 % du volume annuel écoulé par l'enseigne". L'offre commerciale "un acheté, un gratuit" devrait quant à elle disparaître.

De nouvelles habitudes de consommation déjà en cours

Selon l'AFP, la fin de ces méga-promotions "ne fait que valider de nouvelles habitudes d’achat" pointées du doigt par Kantar Worldpanel dans un communiqué publié le 17 septembre. D'après celui-ci, malgré un contexte socio-économique demeurant favorable sur ce premier semestre 2018, le moral d'achat sur l'alimentaire fléchit (- 2 points par rapport à l'an passé). Selon l'entreprise de sondages, "40 % de la dé-consommation s’explique par une simplification des repas du midi chez les moins de 50 ans, avec la disparition des entrées".

Par ailleurs, Kantar Worldpanel précise que "les pratiques des entreprises, bonnes ou mauvaises, circulent très vite et participent à créer (un) climat anxiogène". D'où une plus grande méfiance des Français, dont 66 % se disent "inquiets de la sécurité alimentaire". L'une des conséquences majeures de cette vigilance : un "changement dans le choix des aliments" et une tendance clef à manger "moins mais mieux". La provenance du produit et son histoire deviendraient aujourd'hui "des critères prioritaires" ayant "les faveurs des foyers", qui refusent aujourd'hui "la massification". 

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