QUESTION DU JOUR

Comment Too Good To Go veut réformer la législation en termes de dates de péremption

Too Good To Go met en contact des clients et des commerçants prêts à écouler leurs invendus du jour à prix bas pour lutter contre le gaspillage alimentaire.
©Bodnar Taras/Shutterstock

L'application de revente à bas prix des invendus alimentaires "Too Good To Go" a publié lundi 11 février avec l'association France Nature Environnement un livre blanc regroupant un ensemble de propositions concrètes adressées au gouvernement et aux industriels pour lutter contre le gaspillage alimentaire.

Parmi les propositions du livre blanc de Too Good To Go, l'ajout d'une journée supplémentaire sur la durée de vie des produits pour réduire de 20 % le gaspillage alimentaire dû aux dates de péremption. Cette réduction équivaudrait selon le réseau à "80 000 tonnes de gaspillage évitées chez les distributeurs avec un gain financier de 100 millions d’euros". La start-up propose également de garder les produits 1 % du temps en plus sur les étals de vente et de favoriser l’apposition "d’étiquettes intelligentes qui changent de couleur ou de texture lorsque le produit approche de sa date de péremption afin de faciliter le suivi des produits pour le consommateur". Elle demande par ailleurs une rotation des stocks  "effective et performante" avec les dates de péremption les plus courtes "toujours mises au-devant des étals". 

Un problème de confiance

Selon Too Good To Go, le gaspillage alimentaire tient en bonne partie à une confiance qui se serait "progressivement ébranlée" face à la diversité des dates apposées
sur les produits.

En octobre dernier déjà, la start-up lançait une pétition afin d'améliorer la compréhension de la date de durabilité minimale (DDM). L'objectif : que les consommateurs comprennent qu'il ne s'agit pas de la date limite de consommation. Le réseau souhaite que soit rajoutée après le "à consommer de préférence avant" (la DDM) la mention "mais toujours bon après / mais aussi après". Pour rappel, la DDM n'est pas à confondre avec la date limite de consommation (DLC). La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) rappelle que l'apposition d'une DDM sur l’étiquetage des denrées alimentaires a pour objectif de faire connaître au consommateur la date jusqu’à laquelle "ces denrées conservent leurs qualités organoleptiques, physiques, nutritives, gustatives, etc", tandis que la DLC indique une limite impérative s'appliquant "à des denrées microbiologiquement très périssables".

En France, 10 millions de tonnes de nourriture finissent jetées chaque année, rappelle la start-up, qui estime que "mal comprises, les dates de péremption sont responsables de 20 % du gaspillage dans les foyers".

Faut-il selon vous changer la législation sur les dates de péremption ?

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