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Comment réduire sa consommation de viande en passant au régime "flexitarien"

Le régime flexitarien implique notamment de manger moins de viande mais de meilleure qualité.
©Shutterstock/De Flotsam

D’ici à 2050, la consommation mondiale de viande devrait augmenter de près de 73 %*, ce qui accroîtra la pression sur les ressources naturelles de la planète, l’élevage affectant fortement l’environnement. Devrait-on apprendre à s’en passer davantage en optant pour le régime flexitarien ?

A l’heure où des chercheurs hollandais promettent la commercialisation d’une viande sans animal pour 2020 et où la taxation prochaine de la viande paraît « hautement probable » en raison de son impact sur le dérèglement climatique selon le think tank britannique Fairr, l’organisation mondiale de protection de l’environnement WWF France suggère de passer au régime dit « flexitarien ». Celui-ci prend en compte divers enjeux environnementaux : sans préconiser l’arrêt de la viande, il suggère d’en limiter la consommation en privilégiant d’autres produits de qualité et ce, sans dépenser plus.

Rappelons que selon l’Organisation des Nations unies pour l’agriculture (FAO), l’élevage de bétail dans le monde serait responsable de 14, 5 % des émissions de gaz à effet de serre liées aux activités humaines et la viande bovine représenterait 41 % des émissions dues à l’élevage de bétail. La production de viande est également particulièrement consommatrice d’eau et de céréales.

Aussi, l'Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (ADEME) estime qu’en modifiant légèrement ses habitudes, il est possible « d’améliorer fortement le bilan environnemental de son alimentation ». Concrètement, comment faire ?

  • Consommer moins de produits d'origine animale (mais de meilleure qualité)

L’ADEME rappelle que les produits d’origine animale et en premier lieu la viande génèrent des impacts environnementaux supérieurs aux produits d’origine végétale car ils cumulent les impacts liés à l’élevage des animaux et ceux liés à la production d’aliments pour les animaux. Elle suggère ainsi de diminuer la consommation de produits animaux au bénéfice de la qualité : productions à l’herbe, plein air, labels, etc.

Afin d'y parvenir, la récente étude de WWF France et Eco2 Initiative a imaginé le panier hebdomadaire flexitarien « idéal » d’une famille française composée de deux adultes et de deux enfants : en mangeant quatre fois de la viande par semaine au lieu de six et en respectant d’autres recommandations énoncées ci-dessous, nous réduirions de 38 % l’impact carbone de notre panier (de 109 kg CO2 à 68 kg CO2 par semaine). Ce panier, dont on retrouve la composition en cliquant ici, prévoit aussi de diminuer la consommation de poissons sauvages.

  • Manger davantage de légumineuses, de légumes et de céréales

Selon WWF France, les protéines animales représentent près de 50 % des émissions de gaz à effet de serre dans le régime alimentaire moyen d’un Français : il est nécessaire de développer la consommation de protéines végétales en associant par exemple les légumes, les céréales et les légumineuses (pois, lentilles…). Selon l’ADEME, consommer des légumineuses permet d’ailleurs de soutenir des cultures au « fort potentiel agronomique et écologique ».

  • Diminuer la consommation d’autres produits, pour un panier plus durable

WWF France suggère enfin de diminuer notre consommation des produits transformés industriels, gras, salés et sucrés (en manger seulement deux fois par semaine) et de réduire également les produits à base de farines raffinées (pâtes, pain…) au profit de farines complètes.

Autant de recommandations qui selon l’organisation nous permettraient d’introduire dans ce panier durable près de 50 % de produits certifiés (bio, Label Rouge et MSC) sans dépasser le coût habituel de notre panier standard. 

*Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO)

**Et Eco2 Initiative

Deux bons plans pour manger en respectant la planète

-L’application Etiquettable, lancée en septembre 2017 et créée en partenariat avec l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie, rassemble de nombreux outils pour apprendre à s’alimenter autrement : fruits et légumes de saison, poissons menacés/ à préserver, recettes bas carbone, restaurants engagés…. 78 % des Français manquent d’information sur l’impact environnemental et sur la santé des aliments qu’ils consomment, rappellent les co-fondateurs de l’application, Marianne Petit et Shafik Asal.

-On peut également se fier au guide de l’ADEME « Mieux manger, moins gaspiller, moins polluer » (lien), qui prodigue de précieux conseils pour tendre vers un régime alimentaire ayant un impact moindre sur l’environnement.

L'impact environnemental des produits alimentaires (Sycomore) 

©Sycomore