edito

Clap de fin pour le dioxyde de titane dans les bonbons ?

Le gouvernement a annoncé son intention d'interdire le E 171 d'ici la fin de l'année
© Olesya Baron/Shutterstock

Le gouvernement veut interdire l'additif E 171, utilisé pour blanchir les bonbons ou encore le dentifrice "avant la fin de l'année". Cette déclaration de Brune Poirson, secrétaire d'Etat au développement durable, fait suite à plusieurs alertes lancées par des associations sur le sujet.

En septembre dernier, le magazine 60 millions de consommateurs avait tiré la sonnette d'alarme. 100 % des sucreries testées par l'association contenaient des additifs sous la forme de nanoparticules. De taille nano, ces additifs sont en moyenne 50 000 fois plus petits qu'un cheveu : c'est cette particularité qui les rendraient dangereux, car en mesure de traverser les tissus des différents organes du corps humain, en particulier au niveau de l'appareil digestif. 

D'après une étude de l'INRA (Institut National de la Recherche Agronomique), "les chercheurs ont exposé des rats au E171 (exposition orale) à une dose de 10 mg par kilogramme de poids corporel et par jour, proche de l’exposition alimentaire humaine. Ils montrent pour la première fois in vivo que le dioxyde de titane est absorbé par l’intestin et passe dans la circulation sanguine. Les chercheurs ont en effet retrouvé des particules de dioxyde de titane dans le foie des animaux".

Cette même étude avait mis en évidence le lien entre l'exposition régulière de rats à l'additif avec l'apparition de cellules pré-cancéreuses.

Une urgence

Appelé dioxyde de titane, le E 171 (visible dans la liste des ingrédients), est utilisé dans des produits de consommation courante. D'après l'INRA, l'additif aux propriétés "de colorant blanc et opacifiant" se retrouve "dans des bonbons, des produits chocolatés, des biscuits et des chewing-gums, ainsi que dans des compléments alimentaires. Il est également présent dans des dentifrices et des produits pharmaceutiques".

Si la prise de conscience du gouvernement est salutaire, il va falloir attendre "la fin de l'année" et le retour de la Commission européenne qui a été saisie. Une éternité.

Pendant ce temps, certains industriels ont également pris des engagements en retirant progressivement l'additif incriminé.

En attendant, aux consom'acteurs de réagir

Si ce n'est pas LA solution idéale, il n'est pas possible de rester en contact avec ce type de substance au quotidien. La remarque est d'autant plus vraie concernant les enfants qui, dans certaines familles, consomment une certaine quantité de sucreries qui ne contiennent pas uniquement "trop de sucre".

E 171 donc, une référence à retenir et à éviter en attendant que les pouvoirs publics, qui semblent avoir pris la mesure du problème, prennent une décision ferme, définitive et appliquée par tous les industriels.