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Canicule : quelques astuces pour vous rafraîchir sans climatisation

©Monika Wisniewska/Shutterstock

Les vagues de chaleur auxquelles nous devons faire face se succèdent, de plus en plus régulières, de plus en plus précoces. Ces perturbations constituent un symptôme indéniable du réchauffement climatique, mais les solutions auxquelles nous avons recours pour nous en prémunir participent elle aussi à ce dérèglement météorologique...

Le lien entre le dérèglement climatique et ces épisodes météorologiques "extrêmes" tels que l’épisode de canicule que connaît actuellement une grande partie de la France est désormais indubitable. 

Les vagues de chaleur, symptômes du dérèglement climatique

Les cinq dernières années sont les plus chaudes jamais enregistrées. Si rien ne change, le seuil de réchauffement de 2° C par rapport à l’ère préindustrielle pourrait être atteint dès 2050. "Dans ce cas, des vagues de chaleur beaucoup plus intenses seront attendues", déclare Robert Vautard, climatologue au Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement du CNRS - des propos recueillis par Libération. Des températures avoisinant - voire dépassant - les 50 degrés devraient être atteintes en France "d’ici la fin du siècle", ajoute-t-il. 

Les épisodes de canicule, comme celui attendu cette semaine, sont déjà plus fréquents que par le passé et vont continuer à se multiplier dans le futur, et ce d’autant plus que la trajectoire d’augmentation des émissions de gaz à effet de serre se poursuit. Julien Cattiaux, climatologue au Centre national de recherches météorologiques et au CNRS (propos recueillis par Libération).

Mais pour certaines régions du monde, ces prévisions sont déjà une réalité. L’Inde vient de vivre une canicule sans précédent – considérée comme la plus longue et la plus intense depuis 65 ans. 

Climatisation : la demande ne cesse d'augmenter

Pour faire face à ces épisodes de chaleur extrêmes, un de nos premiers réflexes est de nous tourner vers des systèmes de climatisation. Les chiffres sont là pour en attester : 10 climatiseurs sont vendus chaque seconde dans le monde. Mais cette pratique n'a rien d'innocent en termes d'impact environnemental. La climatisation en elle-même correspond à 10 % de la consommation mondiale d’électricité d’après l’Agence Internationale de l’Énergie. Or, cette demande ne cesse et ne devrait cesser d’augmenter, au rythme des élévations de température. 

Cette augmentation de la demande concernant les systèmes de climatisation est un problème, car elle participe au dérèglement climatique. Il s’agit bel et bien d’un cercle vicieux : nous avons de plus en plus chaud alors nous nous munissons de plus en plus de climatiseurs… qui contribuent eux-mêmes à l'augmentation des températures ! Si les climatiseurs participent au réchauffement climatique global, c'est qu'ils rejettent des fluides frigorigènes : des gaz à effet de serre dont le pouvoir de réchauffement est entre 1 300 et 3 260 fois plus élevé que le CO2 d'après les chiffres de l'Ademe

À un niveau plus local, pensez à vos voisins lorsque vous décidez d’acheter un climatiseur ! En effet, ces systèmes contribuent à augmenter le phénomène de création d’îlots de chaleur urbains. Les climatiseurs permettent de rafraîchir l'air intérieur, mais rejettent de la chaleur à l'extérieur. Ainsi, une climatisation massive peut augmenter la température de l'air extérieur jusqu'à 1° C. 

Une fois ces considérations prises en compte et si vous êtes décidé à vous passer de climatisation, ID vous accompagne dans cette démarche et vous propose quelques conseils et astuces, simples et pratiques, à mettre en place pour ne pas succomber de chaleur cet été – et ceux à venir ! 

Quelques solutions pour rafraîchir son chez-soi

Conseils shopping 

Acheter un ventilateur portable est une solution efficace... à titre individuel ! L'installation d'un ventilateur de plafond favorisera quant à lui un brassage de l'air régulier dans la pièce. Cependant, faites attention à bien l'éteindre lorsque vous sortez de la pièce. En effet, les ventilateurs ne rafraîchissent pas l'air : ils le brassent uniquement.

Vous pouvez également vous procurer des brumisateurs "écolos": ils se rechargent et fonctionnent suivant un système de pompage manuel de l'eau. Vous en trouverez facilement en pharmacie. 

Des bonnes habitudes à prendre

Pour conserver la température intérieure, pensez à fermer vos volets lorsque le soleil commence à pointer le bout de son nez, ou avant d’aller travailler. L’ADEME précise que les volets roulants sont les plus efficaces, car ils renferment de l’air, servant lui-même d’isolant. Si vous n’avez pas de volets, vous pouvez toujours installer des stores intérieurs (voire même coller des bouts de carton sur les vitres). Cependant, les protections placées à l’intérieur sont moins efficaces que celles en extérieur. 

Pensez également à fermer vos fenêtres en matinée, lorsque la température extérieure commence à excéder celle de votre intérieur. En revanche, aérez lorsque celle-ci est plus basse que la température de l’air intérieur. Si vous disposez d'un logement sur plusieurs étages, ouvrir une fenêtre en haut et une bas permettra de créer un courant d'air ascendant qui chassera la chaleur vers l'extrémité des combles ; c'est ce que l'on nomme "l'effet cheminée". 

Enfin, nous n'y pensons pas assez mais nos appareils électroniques et électroménagers produisent de la chaleur en quantité non-négligeable. Éteignez vos ordinateurs et vos consoles lorsqu'ils ne sont pas entre vos mains !

Créer un refroidissement

Vous pouvez également tenter de rafraîchir l'air intérieur de votre logement, en faisant par exemple sécher du linge humide chez vous. Ce linge est à placer dans des pièces ensoleillées : en séchant, il dégagera de l'eau via un processus d'évaporation, qui permettra de rafraîchir naturellement votre intérieur.

En Inde, une pratique similaire est largement adoptée : la technique dite du "beehive cooling" qui consiste à placer des pots en terre cuite humidifiés, à l'entrée de son chez soi. Cette méthode permet de créer des différences de températures pouvant aller jusqu'à 10° C entre l'extérieur et l'intérieur. 

À plus large échelle et à plus long terme

Discutez avec vos voisins ! Certaines solutions plus efficaces encore peuvent être mises en place de manière collective. Végétaliser la cour ou les parties communes de son immeuble par exemple peut contribuer à rafraîchir l'air environnant. En effet, le processus d'évapotranspiration qui caractérise le développement des végétaux peut participer à limiter l'effet "îlot de chaleur". Durant la photosynthèse, les plantes transforment l'eau en vapeur, qui se diffuse et rafraîchit l'atmosphère. Dans ce même esprit de coopération et si vous habitez dans une petite rue, vous pouvez également étendre des draps humides entre deux immeubles. 

Si vous désirez mettre en place des solutions à plus long terme, une réflexion s'impose sur la rénovation et l'isolation de votre logement. De multiples conseils sont à découvrir ici, mais une première étape peut être de repeindre vos murs avec des couleurs claires : les couleurs sombres absorbent la lumière et la transforment en chaleur quand, à l'inverse, les couleurs claires ont un pouvoir réfléchissant. Il s'agit d'un phénomène connu sous le nom d'"albédo". 

Pour ceux qui ne peuvent se passer de la climatisation, l’ADEME propose toute une série de conseils pour guider vos choix d'achat vers des objectifs écoresponsables.