Ce mardi 6 janvier, les Français font face à des températures négatives et à la neige. La veille, le thermomètre indiquait -22 °C à Mouthe (Doubs), -10 °C à Strasbourg et -8 °C à Bordeaux. Ces mesures exceptionnelles s’expliquent par un air polaire venant de l’Arctique. "Cet épisode froid est vraiment marqué, il représente quelque chose d’un peu exceptionnel dans notre climat car on n’avait pas eu de période comme ça depuis 2018", affirme Christine Berne, climatologue de Météo-France, dans les colonnes de Libération.
Malgré le sentiment d’une météo sibérienne dans nos villes, la scientifique rappelle que "ça manque d’intensité et surtout c’est trop bref" pour être qualifié de vague de froid. Différents critères permettent de qualifier un tel épisode : "au moins une fois sous -2 °C ; ne remonte pas durablement (plus de deux jours) au-dessus de +0,9 °C ; interruption dès lors que la valeur est supérieure à +2,2 °C", selon Météo-France. La dernière vague remonte à 8 ans, résultat du réchauffement climatique dû à l’activité humaine. Les températures grimpent pendant les étés et la douceur s’installe en hiver.
Plus de chaud, moins de froid
Depuis 2010, seulement deux vagues de froid ont été enregistrées en France : en 2012 et en 2018. Les quatre vagues les plus longues et les plus sévères depuis le début des mesures remontent a plus de 35 ans. "Il est pratiquement certain que les froids extrêmes (y compris les vagues de froid) sont devenus moins fréquents et moins importants", selon le sixième rapport du GIEC. Au contraire, les vagues de chaleur sont de plus en plus nombreuses et intenses chaque année.

Si la hausse des températures en été est facilement observable, la douceur de nos hivers rend les températures négatives inhabituelles. Vous pensez qu’il fait particulièrement froid cet hiver ? Alors vous êtes victime du syndrome référentiel glissant, également appelé "amnésie écologique". La perception des températures est perturbée par le réchauffement climatique, car on prend comme référence des températures de plus en plus élevées. Ce début d’hiver nous paraît alors polaire, malgré un mois de décembre au-dessus des normales de saison de +1,5 °C.