Un logement sur trois est une bouilloire thermique, selon la Fondation pour le logement des défavorisés (ex-Fondation Abbé Pierre).
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Climat

Canicule précoce : les bouilloires thermiques au cœur des inquiétudes

Alors qu'un épisode de chaleur extrême frappe la France, la question des bouilloires thermiques refait surface. Mal isolés et étouffants en période de canicule, des millions de logements exposent leurs habitants à des températures parfois dangereuses pour la santé.

Un épisode caniculaire inédit frappe l'Hexagone en cette fin mai, avec son lot de fortes chaleurs, de déshydratations et de malaises. Les conditions de vie de la population se retrouvent lourdement impactées, particulièrement pour les publics sensibles (enfants et personnes âgées). Alors que Météo-France porte à 17 le nombre de départements en alerte orange, le mercure devrait atteindre 32 à 34 °C. Des températures exceptionnellement élevées pour cette période de l'année, alors que de tels épisodes surviennent habituellement au cœur de l'été.

La lutte contre la précarité énergétique doit désormais intégrer les pics de chaleur, les canicules à répétition et faire la chasse aux "bouilloires thermiques". Ces logements, devenus invivables l'été, sont particulièrement mal adaptés aux fortes chaleurs. La vie au sein de l'habitat devient alors difficile et parfois dangereuse. "On appréhende la chaleur", explique une locataire d'un logement parisien au média 20 minutes. "On est déjà monté jusqu'à 46 °C chez nous", poursuit-elle. Ces températures peuvent avoir de graves conséquences sur la santé physique et mentale des occupants.

Des logements inadaptés face aux fortes chaleurs

Alors que les épisodes de chaleur extrême se multiplient, la question de l'habitation devient un enjeu sanitaire majeur. Selon la Fondation pour le logement des défavorisés (ex-Fondation Abbé Pierre), un logement sur trois est une bouilloire thermique. Par ailleurs, 40 % d'entre eux ne sont pas pleinement équipés de protections solaires extérieures pour lutter contre la surchauffe. "Avec le réchauffement climatique (...), des millions de logements se transforment en véritables bouilloires et deviennent inhabitables plusieurs semaines par an", déplore Christophe Robert, délégué général de l'association.

Dans son rapport de 2025, la fondation met en avant les inégalités face à cette situation. En 2024, 42 % des foyers ont déclaré avoir souffert de la chaleur dans leur habitat. Mais ce chiffre monte à 48 % chez les 18-24 ans ainsi que chez les habitants d'appartements. Le rapport démontre également un clivage géographique : les zones urbaines sont davantage touchées que les zones rurales. Cela s'explique par le manque d'espaces verts et la forte minéralisation, un phénomène particulièrement marqué dans les quartiers populaires.

Rénover pour survivre aux étés à venir ?

Face à cette aggravation des conditions de vie, les pouvoirs publics tentent progressivement de renforcer les règles autour de l'habitat. La loi climat et résilience interdit notamment de louer des logements classés G depuis le 1er janvier 2025. Cette interdiction devrait progressivement concerner les logements classés F en 2028 puis E en 2034. Derrière ce choix, l'objectif est de pousser à la rénovation énergétique. L'isolation est présentée comme la solution, permettant de limiter la pénétration de l'air chaud et donc de maintenir des températures intérieures agréables sans avoir recours à la climatisation. 

L'installation de volets pour limiter l'exposition au soleil ainsi que celle de ventilateurs de plafond permettent également de réduire la température ressentie à l'intérieur des logements. La végétalisation des abords des bâtiments et l'installation de protections solaires extérieures figurent aussi parmi les solutions préconisées pour rafraîchir les logements. Alors que les vagues de chaleur deviennent plus fréquentes et plus précoces, l'adaptation des logements apparaît désormais comme un enjeu majeur. Derrière les murs surchauffés des bouilloires thermiques, c'est aussi la question de conditions de vie supportables qui se pose.