L’extinction de l’éclairage public permet de limiter la pollution lumineuse et de préserver la biodiversité nocturne.
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Biodiversité

Jour de la Nuit : pourquoi éteindre les lumières est essentiel à la biodiversité

La nuit est essentielle aux équilibres du vivant. Pourtant, l’éclairage artificiel perturbe les rythmes et les déplacements de nombreuses espèces. À l’occasion du Jour de la Nuit, ce samedi 10 octobre, retour sur les effets de la pollution lumineuse et les moyens de la limiter.

Ce samedi 10 octobre, des communes partout en France éteindront une partie de leurs lumières à l’occasion de la 18e édition du Jour de la Nuit. Coordonnée par l’association Agir pour l’Environnement, en partenariat avec l’Association des maires de France (AMF), cette opération sensibilise aux effets de la pollution lumineuse. Promenades nocturnes, observations astronomiques et animations autour de la faune permettront de découvrir ce qui se passe lorsque les éclairages s’effacent.

Au-delà de cette soirée, l’événement invite à comprendre la place de l’obscurité dans les écosystèmes. Car l’éclairage artificiel modifie les conditions dans lesquelles les animaux se déplacent, se nourrissent ou se reproduisent. Il perturbe aussi le repos des espèces diurnes et les rythmes des végétaux.

Comment la lumière perturbe le vivant

L’alternance du jour et de la nuit constitue un repère pour les êtres vivants. Elle rythme leurs périodes d’activité et de repos, mais aussi certains changements saisonniers. En prolongeant artificiellement la durée du jour, les éclairages nocturnes peuvent brouiller ces repères.

Les conséquences varient selon les espèces. Certains insectes sont attirés par les sources lumineuses, autour desquelles ils peuvent tourner jusqu’à l’épuisement. D’autres animaux, comme certaines chauves-souris ou les amphibiens, évitent au contraire les zones éclairées. Un passage illuminé peut alors les empêcher de rejoindre un lieu de chasse ou de reproduction. La lumière contribue ainsi à fragmenter leurs habitats, en séparant des espaces entre lesquels ils circuleraient dans l’obscurité.

Elle peut également perturber les échanges entre individus. Chez les lucioles et les vers luisants, les éclairages artificiels rendent moins perceptibles les signaux lumineux utilisés pour trouver un partenaire.

Une pollution encore très présente en France

En 2023, 72 % de la partie terrestre du territoire hexagonal étaient exposés à un niveau élevé de pollution lumineuse en cœur de nuit, selon le Service des données et études statistiques (SDES). Les abords des grandes métropoles, les littoraux et l’axe rhodanien figurent parmi les zones les plus touchées.

Cette proportion a toutefois diminué de 19 % par rapport à 2014. Le SDES attribue notamment cette baisse au renforcement de la réglementation et aux économies d’énergie engagées depuis la crise énergétique de 2021.

L’amélioration reste moins marquée en début et en fin de nuit. Or de nombreuses espèces, comme les chauves-souris, les insectes et les rapaces nocturnes, sont particulièrement actives à l’aube ou au crépuscule. Pour préserver la biodiversité, le choix des horaires d’éclairage compte donc aussi.

Quels moyens pour réduire les nuisances lumineuses ?

L’extinction de l’éclairage public pendant une partie de la nuit constitue l’un des leviers à disposition des communes. Selon les données du Cerema publiées en juin 2026, 73 % des 22 773 communes étudiées en France hexagonale et en outre-mer pratiquaient une extinction totale ou partielle de l’éclairage public en cœur de nuit entre juillet 2024 et juin 2025.

Les collectivités peuvent également adapter l’éclairage aux besoins réels et aux milieux environnants. Les démarches de "trame noire" poursuivent cet objectif. Elles consistent à préserver ou à restaurer des espaces suffisamment sombres, reliés entre eux, pour permettre aux espèces nocturnes de circuler.

Ces actions concernent aussi les particuliers. Dans les jardins, les cours ou sur les balcons, l’Office français de la biodiversité recommande de n’éclairer que lorsque cela est utile, de limiter la puissance des lampes et de diriger leur lumière vers le sol plutôt que vers le ciel ou les végétaux. 

Ce samedi, le Jour de la Nuit permettra de découvrir ces enjeux près de chez soi. Les animations et les extinctions prévues sont recensées sur la carte interactive de l’événement.