Les forêts contribuent au stockage du carbone, au cycle de l’eau et à la préservation de la biodiversité.
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Quels arbres pour demain ? Le défi des forêts françaises face au changement climatique

Les forêts contribuent au stockage du carbone, au cycle de l’eau et à la préservation de la biodiversité. Mais comment préserver ces fonctions face au dérèglement climatique ? Dans le Massif central, le projet Alti’Chênes, soutenu par le dividende écologique de la MAIF, cherche à préparer les forêts au climat de demain.

Fermer les volets en pleine journée, décaler une activité physique, chercher un endroit frais pour faire une pause. À mesure que la chaleur s’installe, elle modifie des gestes ordinaires et l’organisation de nos journées. L’été 2026 en a donné une nouvelle illustration. Selon le bilan de Météo-France, 53 jours en vague de chaleur ont été enregistrés à l’échelle nationale, répartis en trois épisodes, contre 33 durant l’été 2022. 

Ces températures ont des effets bien réels sur l’organisme. Santé publique France rappelle que l’exposition à la chaleur peut entraîner une fatigue inhabituelle et une baisse de vigilance. Dans les logements, maintenir une température supportable devient plus difficile. Au travail, notamment pour les personnes exerçant à l’extérieur, la chaleur impose aussi d’adapter les activités et les temps de repos. L’inconfort peut ainsi se doubler de risques pour la santé et la sécurité. 

Une adaptation qui se joue aussi dans les milieux naturels 

À la chaleur s’ajoute le manque d’eau. Durant l’été 2026, les précipitations ont été inférieures d’environ 40 % à la normale observée sur la période 1991-2020, en moyenne sur le pays. La combinaison de températures élevées et de pluies insuffisantes a accentué l’assèchement des sols. Début août, leur sécheresse atteignait un niveau inédit à l’échelle nationale, selon Météo-France. 

Lorsque les sols et la végétation se dessèchent, les conséquences dépassent les difficultés à se rafraîchir. Le manque d’eau accentue les tensions entre les besoins des habitants, de l’agriculture et des autres activités économiques, tandis que la végétation sèche favorise le développement des incendies. L’adaptation engage donc aussi la manière dont les territoires préservent leurs ressources et leurs milieux naturels. 

Les forêts occupent une place importante dans cet équilibre. Elles abritent une grande diversité d’espèces et stockent du carbone. Elles interviennent également dans le cycle de l’eau, en contribuant à limiter le ruissellement et à favoriser l’infiltration dans les sols. Préserver ces fonctions suppose toutefois que les arbres puissent eux-mêmes supporter les changements auxquels ils sont exposés. 

Plus de surfaces boisées, mais des arbres fragilisés 

Or, leur santé se dégrade. Les résultats 2026 de l’Inventaire forestier national, publiés par l’IGN en octobre, font apparaître deux évolutions simultanées. La forêt continue de gagner du terrain, mais la mortalité annuelle des arbres, mesurée en volume de bois, a été multipliée par 2,5 entre les périodes 2005-2013 et 2016-2024. Ces observations ne prennent donc pas encore en compte les effets de l’été 2026. 

Les sécheresses successives et les températures élevées affaiblissent les arbres, qui peuvent alors devenir plus vulnérables aux parasites et aux maladies. Lorsque l’eau manque, leur croissance peut ralentir, s’interrompre, voire laisser place au dépérissement. La capacité d’une forêt à résister dépend notamment des essences présentes, du sol et des conditions climatiques. 

L’adaptation des forêts demande donc de regarder au-delà de leur superficie. Il faut aussi comprendre quels peuplements pourront se développer dans les prochaines décennies et comment les accompagner. Derrière cette question forestière se joue la préservation des fonctions dont bénéficient les territoires. 

Le dividende écologique, un levier de prévention pour la MAIF 

C’est ce lien entre la santé des écosystèmes et la protection des populations que la MAIF entend prendre en compte dans son rôle d’assureur. En soutenant la restauration de milieux naturels, elle cherche à contribuer à la prévention des risques et à la capacité des territoires à faire face aux aléas climatiques. 

Depuis 2023, la MAIF consacre 10 % de son résultat annuel à son dividende écologique, destiné à la protection de la biodiversité et à la solidarité climatique. Alimenté par ce dispositif, le Fonds MAIF pour le vivant finance des projets de préservation et de régénération des écosystèmes, en partenariat avec le Fonds Nature 2050, créé par CDC Biodiversité. 

Selon le bilan publié en septembre 2026, 40 projets ont été soutenus depuis le lancement du dispositif. Ils concernent notamment des zones humides, des cours d’eau, des bocages ou des espaces à renaturer. À terme, l’ensemble doit permettre, entre autres, la restauration de 137 hectares de zones humides et de près de 43 kilomètres de cours d’eau. Ces objectifs s’inscrivent dans la durée, avec un accompagnement destiné à suivre l’évolution des milieux concernés. 

L’adaptation des forêts trouve sa place dans cette démarche. Elle est au cœur d’Alti’Chênes, porté par le Conservatoire d’espaces naturels d’Auvergne. Retenu parmi les lauréats par le conseil d’administration du Fonds MAIF pour le vivant, le projet a ensuite été désigné coup de cœur 2026 par les sociétaires, lors d’un vote organisé après l’annonce des projets soutenus. 

Dans le Massif central, tester l’avenir des feuillus en altitude 

Alti’Chênes explore une piste précise. Dans un contexte de dépérissement de résineux, il s’agit d’expérimenter la présence de chênes entre 900 et 1 200 mètres d’altitude, tout en renforçant celle du hêtre, qui y pousse déjà. Le projet concerne 11 communes et 11,5 hectares. Le Fonds MAIF pour le vivant y contribue à hauteur de 122 565 euros, pour un budget total de 251 833 euros. 

Le choix porte sur trois espèces de chênes présentes dans la région, les chênes ubescents, sessiles et pédonculés. En misant sur des essences locales, le Conservatoire d’espaces naturels d’Auvergne cherche à préserver aussi les relations qu’elles entretiennent avec les insectes, les oiseaux, les lichens et les autres organismes qui leur sont associés. L’objectif est de concilier adaptation au climat et maintien de la biodiversité forestière. 

Environ 9 000 arbres doivent être plantés et 32 000 glands semés, avec des plantations échelonnées sur trois ans. Les interventions sont adaptées aux besoins des essences. Les chênes seront notamment installés sur des parcelles déjà coupées, tandis que des hêtres pourront être plantés sous des peuplements existants pour bénéficier de leur ombre, précise la MAIF dans sa présentation du projet. 

La démarche reste expérimentale. Les sécheresses, les gels tardifs et d’autres événements extrêmes peuvent compromettre la survie des jeunes arbres. Annoncé pour octobre 2026, le démarrage du projet ouvre ainsi une période d’observation qui se prolongera jusqu’en 2050. Les plantations et les aléas climatiques seront recensés afin de suivre leur évolution. 

L’intérêt d’Alti’Chênes se mesurera donc au fil des années, à la capacité des arbres à s’installer et aux enseignements qui pourront être tirés de ces essais. En soutenant ce projet, la MAIF cherche à contribuer dès aujourd’hui à l’adaptation des forêts, pour préserver durablement les services qu’elles rendent aux territoires. Les connaissances acquises pourraient ensuite aider d’autres territoires à adapter leurs peuplements et à préserver les fonctions qu’ils remplissent. 

En partenariat avec MAIF.