Malgré des discours climatosceptiques toujours audibles, la prise de conscience internationale de la question écologique est aujourd’hui bien ancrée parmi les grands enjeux de notre époque. Le grand public comme les instances politiques se sont emparés du sujet. Cela n’a toutefois pas toujours été le cas.
Années 1970 : les premiers constats
C’est à partir du début des années 1970 que les scientifiques commencent à alerter la population et les dirigeants politiques sur le réchauffement global du climat. En 1972, le club de Rome publie Les limites à la croissance, aussi appelé "rapport Meadows". Dans cet ouvrage, les chercheurs du MIT révèlent pour la première fois les liens entre dégradation de l’environnement, réchauffement climatique et croissance économique.
Le rapport connaît un succès retentissant à sa publication avant de tomber dans l’oubli puis d’être redécouvert 20 ans plus tard. L'année de sa parution est aussi celle de l’organisation de la première Conférence des Nations unies sur l’environnement humain. Elle se tient à Stockholm, en Suède, d’où est tiré le nom du texte issu de cet événement : la Déclaration de Stockholm.
Cette dernière pose les bases d'une première politique environnementale internationale, avec la création du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE). Celui-ci a pour mission de coordonner les activités de l’ONU sur le sujet de l’environnement, de produire des rapports sur son état et d’aider les pays à mettre en place des politiques le protégeant.
Années 1980-1990 : des décisions internationales
En 1987, l’adoption du Protocole de Montréal fait de la protection de l’environnement un sujet de société majeur à échelle internationale. Ce texte réglemente l’utilisation des substances dangereuses pour la couche d’ozone, la partie de la stratosphère qui absorbe les rayons ultraviolets, extrêmement nocifs pour le vivant.
Son appauvrissement faisait à l’époque partie des crises environnementales majeures. Les mesures mises en place ont permis la reconstitution d'une grande partie de la couche d'ozone, qui devrait être totalement refermée d’ici 2060.
L’année suivante est créé le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) par le PNUE et l’Organisation météorologique mondiale. Cette nouvelle instance a pour but de fournir aux États des rapports sur l’état des connaissances scientifiques, sociales et économiques sur le changement climatique.
En 1992, l’ONU organise sa 3e conférence sur l’environnement et le développement, aussi appelée "Sommet de la Terre", à Rio de Janeiro. Elle y réaffirme la dimension planétaire de la crise environnementale et climatique. C’est à ce moment-là que le concept de "développement durable" prend de l’ampleur dans les discours politiques.
Quelques années plus tard, en 1997, le Protocole de Kyoto est adopté lors de la COP3, organisée au Japon. Il s'agit du tout premier traité de réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Des années 2000 à aujourd’hui : une mobilisation transversale
La lutte contre les effets du changement climatique se poursuit au tournant de l’an 2000. Une étape décisive a lieu en 2015, lors de la COP21. Les 193 États membres de la convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) signent l’Accord de Paris, s’engageant à réduire leurs émissions de CO2 pour atteindre la neutralité carbone d’ici la fin du siècle, afin de limiter le réchauffement global de la planète à 2 °C maximum, voire 1,5 °C.
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La COP28, organisée à Dubaï en 2023, fait largement polémique à cause du choix du pays organisateur. Les Émirats arabes unis font en effet partie des plus gros exportateurs de pétrole au monde, en plus de faire régulièrement l’objet de vives critiques pour de graves manquements aux droits humains.
Trois décisions ont toutefois été prises lors de cette convention : multiplier par 3 la production d’énergies renouvelables d’ici 2030, sortir progressivement des énergies fossiles d’ici 2050 et reconnaître le nucléaire comme une solution de décarbonation.
Le rapport annuel du ministère de la Transition écologique sur l’État de l'environnement rappelle aussi que la prise de conscience à l’égard de l’urgence écologique s’élargit à partir des années 2000 pour ne plus concerner uniquement le changement climatique. En 2007 est créé le Groupe international d’experts sur les ressources (GIER) afin d’étudier la gestion des ressources naturelles.
Les études sur la biodiversité se multiplient également, permettant d’aboutir en 2022 à l’adoption du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal à l’issue de la COP15 biodiversité. Elle établit la première feuille de route mondiale pour la restauration de la biodiversité, en s’engageant à l’utiliser de façon durable d’ici 2050.
Alors que la prise de conscience à l’égard de l’urgence écologique a fait son chemin, l’enjeu aujourd’hui pour la communauté internationale est de parvenir à gérer ses crises multiples mais toutes liées entre elles de manière globale. En effet, malgré des victoires notables, une septième limite planétaire sur les 9 retenues par la communauté scientifique est en passe d’être franchie.