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Mode : quelles avancées, cinq ans après le drame du Rana Plaza ?

Un événement à suivre
Fashion Revolution

Le 24 avril 2013 à Dacca (Bangladesh), 1 133 personnes ont perdu la vie dans l'effondrement du Rana Plaza, qui abritait les ateliers de confection de différentes marques de vêtements (Mango, Benetton, Primark, etc.). Le secteur de la mode a-t-il changé cinq ans après ?

Cette semaine sur Slow We Are, l'un des sites de référence en mode éthique, Lucie Pedrola fait le bilan du mouvement Fashion Revolution, lancé en mémoire des damnées du low cost, afin de mettre fin aux abus des ateliers textiles et faire progresser positivement le secteur de la mode.

Pour elle, beaucoup reste à faire et il faut rester mobilisé, certes, mais elle liste plusieurs raisons de se réjouir, à commencer par la loi sur le devoir de vigilance des entreprises, adoptée en France en mars 2017. Concrètement, cette loi concerne les entreprises de plus de 5 000 employés en France, ou 10 000 salariés si le siège social est à l’étranger, soient 150 à 200 entreprises. "Chacune doit s’assurer que les sociétés avec lesquelles elle collabore respectent les droits humains et les normes environnementales en mettant en place un plan de vigilance relatif à son activité et l’activité de l’ensemble des sociétés qu’elle contrôle."

Autres éléments de satisfaction ? La progression de la conscience sur ces sujets, avec des mobilisations en ligne sans pareille auparavant ("en 2017, plus de 100 000 personnes ont utilisé le hashtag #whomademyclothes sur les réseaux sociaux"), des achats éthiques ou vintage en hausse ("21,8 % des Français déclarent avoir acheté des vêtements conçus dans une démarche de développement durable en 2017 et 47,8 % ont acheté ou donné des habits déjà portés, selon l’Institut Français de la Mode"), des conditions de travail améliorées au Bangladesh ("plus de 1 300 usines ont été inspectées et le salaire minimum officiel pour les travailleurs de la mode a augmenté de 77%") et des marques de plus en plus nombreuses à s'engager ("plus de 70 marques et fournisseurs se sont engagés à 'détoxifier' leur process de fabrication d’ici 2020 selon le programme de Greenpeace (Levi’s, Inditex, Mango…), et plus de 100 marques se sont engagées pour favoriser l’économie circulaire dans la mode").

Alors que la mobilisation de la Fashion Revolution aura lieu dans 93 pays cette année, du 22 au 29 avril, le site Le Bonbon vous donne un aperçu des événements qui seront proposés en France à cette occasion. 

Chose intéressante : l'étude publiée cette semaine par le jeune collectif démarqué (nous vous présentions fin mars l'une des membres du collectif, Laura Gauvrit - vidéo ci-dessous), donne un bon aperçu des habitudes des comportements vestimentaires des jeunes aujourd'hui en France. Le profil type des 862 répondants est celui d'une citadine de 26 ans, étudiante ou employée habitant en France métropolitaine, avec une affinité certaine pour la mode. Les résultats prouvent que l'acquisition d'habits passe par l'analyse fréquente des pays de confection, des matières utilisées, et qu'en fin d'usage les sondés sont très alertes et connaissent une multitude d’associations permettant de donner une autre vie à leurs vêtements... Ceci étant, si l'information est majoritairement connue, la réalité budgétaire des jeunes ne leur permet pas toujours de respecter leur idéal, révèle aussi l'étude, que vous pouvez découvrir en intégralité ici.

Et vous, comment vivez-vous votre rapport à la mode ? Vous sentez vous engagés dans une mode plus éthique, responsable et circulaire ?

Pour aller plus loin : Mode éthique : la nouvelle vague de son exigence une élégance