ID d'ailleurs

Cambodge : des élèves payent leur scolarité en ramassant des détritus

©TANGCHHINSOTHY/AFP
©TANGCHHINSOTHY/AFP
©TANGCHHINSOTHY/AFP
©TANGCHHINSOTHY/AFP
©TANGCHHINSOTHY/AFP
©TANGCHHINSOTHY/AFP
©TANGCHHINSOTHY/AFP
©TANGCHHINSOTHY/AFP

Une école primaire cambodgienne, presque entièrement construite à partir de déchets, propose à ses élèves de payer leurs frais de scolarité en collectant des détritus.

À partir de quel âge peut-on commencer à enseigner le recyclage aux enfants ? Dès l'école primaire selon le Cambodgien Ouk Vanday. Cet ancien directeur d'hôtel surnommé "the rubbish Man" (littéralement l'Homme aux ordures) est à l'origine de la Coconut School. Cette école située dans le parc national de Kirirom dans la province cambodgienne de  Kampong Spoe a été construite presque entièrement à partir de déchets recyclés. Financé par des dons de particulier, l'établissement bénéficie également d'enseignants bénévoles pour accueillir la soixantaine d'écoliers inscrits.

La Coconut school "ne demande pas d'argent, même si elle n'est pas gratuite pour autant" précise Ouk Vanday à l'AFP. Pour payer leur scolarité, les enfants sont chargés d'apporter des déchets plastiques pour permettre d'agrandir l'école. "J'ai arrêté de mendier. C'est comme si on m'avait donné une seconde chance" raconte RoeunBunthon, 12 ans. Fort de son succès, l'établissement prévoit d'ouvrir une classe de maternelle l'année prochaine. 

Je dis toujours aux enfants: donnez-moi des ordures et je vous donnerai une instruction"

La Coconut school n'est pas le premier projet lancé par Ouk Vanday. En 2013, le trentenaire avait déjà créé une autre école avec un fonctionnement similaire sur une île à proximité de Phnom Penh. Dans un futur proche, il prévoit également de construire une réplique du temple d'Angkor Vat en déchets et d'ouvrir un musée aux ordures. L'ex-directeur d'hôtel souhaite également ouvrir en 2022 une école flottante constituée des déchets jetés dans le lac Tonlé Sap en plein centre du Cambodge.

L'objectif de tous ces projets est d'offrir une éducation aux enfants les plus pauvres tout en sensibilisant aux problèmes environnementaux dans un pays qui recycle peu et produit 3,6 millions de tonnes en 2017, d'après les statistiques du ministère de l'Environnement. "Je dis toujours aux enfants: donnez-moi des ordures et je vous donnerai une instruction" souligne Ouk Vanday.