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Santé

Longtemps notre meilleur allié, notre cerveau risque aujourd’hui de causer notre perte

Les neurosciences se mettent au service de l’environnement : il s’agit aujourd’hui de repenser la façon dont notre cerveau influence nos comportements, comment il nous pousse à détruire notre environnement, et comment enrayer ce processus. Entretien avec Sébastien Bohler, spécialiste en neurobiologie moléculaire. 

Notre cerveau libère de la dopamine lors d’expériences associées au plaisir. Ces expériences constituaient à l’origine des besoins primitifs pour l’Homme : manger, se reproduire, acquérir de l’importance sociale, trouver du confort et acquérir de nouvelles connaissances. Cette "molécule du bonheur" a joué un rôle-clef dans l’évolution de nos comportements. En parallèle, l’évolution de notre cortex cérébral nous a permis de créer de nouvelles technologies permettant de satisfaire ces besoins. Ils se sont ainsi trouvés nourris sans aucune limite, prenant parfois la forme d’addictions. Mais en réalité, ceux-ci ne sont jamais entièrement satisfaits : nous nous lassons, et nous accumulons.

La société industrielle que nous avons créée pour répondre à ces désirs est responsable du péril climatique actuel : nous produisons toujours plus grâce à des ressources naturelles et énergétiques qui, elles, s’amenuisent. Nos désirs ne sont plus viables face aux enjeux de notre époque.

Il faudrait, pour espérer changer de paradigme, reconfigurer notre cerveau et lui apprendre la modération. Dans cette optique, le spécialiste en neuroscience et auteur de l'ouvrage Le Bug humainSébastien Bohler, évoque plusieurs pistes pouvant mener à modifier notre tendance à l’accumulation : trouver de nouvelles sources de plaisir ou davantage savourer celles auxquelles nous avons déjà accès. Une première voie à explorer serait la méditation de pleine conscience. Des exercices spécifiques permettent aujourd’hui d’apprendre à générer de la dopamine avec moins de stimulations, en conscientisant par exemple les différentes saveurs de chaque aliment que nous avalons.

Sébastien Bohler insiste également sur l’importance que pourrait revêtir la mobilisation de notre capacité d’altruisme : il a en effet été prouvé que le fait de partager avec les autres pouvait produire de la dopamine. Il s’agit d’un comportement qui s’observe davantage chez les femmes et qui relèverait, selon lui, d’une question d’éducation. Or, la seconde réflexion à mener concerne justement nos systèmes éducatifs. Des expériences en neurosciences ont récemment démontré que le fait d’acquérir de nouvelles connaissances libère de la dopamine dans notre cerveau. Et si notre tendance à l’accumulation de biens matériels est à réviser, l’acquisition de connaissances ne génère, elle, aucune pollution.

Ainsi, la norme sociale devrait se diriger vers une valorisation du savoir, en envisageant une nouvelle croissance, mentale et non purement matérielle. L'être humain est programmé pour s'étendre et conquérir toujours plus. Nous ne pouvons pas renoncer à notre nature, mais nous pouvons trouver un nouvel objectif en fondant notre désir de croissance sur la production d’idées et d’échanges, plutôt que de biens matériels. L’économie de la connaissance doit dépasser le stade de concept selon Sébastien Bohler, pour être envisagée par les financiers et les investisseurs avant que notre modèle économique ne bascule définitivement dans une optique d’amplification de nos pulsions.

En chiffres...

  • 200 000 textos sont échangés chaque seconde dans le monde
  • 300 millions de tonnes de viande sont consommées chaque année dans le monde
  • 136 milliards de vidéos pornographiques sont visionnées chaque année dans le monde
  • 300 tonnes de déchets sont produites chaque seconde dans le monde

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