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Économie bleue : s’inspirer de la nature pour élaborer un nouveau modèle

À rebours des économies dites « rouges » et « vertes », l’entrepreneur belge Gunter Pauli prône un nouveau modèle inspiré des écosystèmes naturels, où les déchets deviennent matières premières et où chaque espèce naturelle trouve de quoi répondre à ses besoins.

L’avenir de l’économie n’est pas vert, il est bleu. Alors que le temps presse pour identifier des solutions concrètes aux enjeux du développement durable qui pèsent sur l’ensemble des écosystèmes naturels, l’entrepreneur belge Gunter Pauli prêche depuis près de trois décennies pour la rupture. La rupture avec l’économie dite « rouge », dominante, basée sur la croissance à tout prix, souvent au détriment de la planète. Mais également avec une économie "verte"jugée trop chère et donc trop peu accessible pour le commun des mortels, et dont les ressorts répondent encore trop systématiquement à la recherche de profits.

Comment ? En développant un nouveau modèle d’affaires largement basé sur la valorisation des déchets et directement inspiré de la nature, où rien ne se perd, et tout se transforme. "L’économie bleue souhaite répondre aux besoins de base de tout le monde, c’est-à-dire l’ensemble des espèces naturelles, avec la matière déjà disponible. Il s’agit d’un système circulaire ou tout est réutilisé et réutilisable", explique l’ancien fabricant de détergents bio, pour qui la révélation est venue il y a environ 30 ans : "Avec la société Ecover, nous avons construit à l’époque la première usine écologique, avec zéro émission et zéro déchet, se souvient-il. Mais à la fin de la journée, je me suis rendu compte que j’étais devenu le plus grand acheteur d’huile de palme de Belgique, et que je participais à la destruction des habitats tropicaux en Indonésie".

D’où l’idée de repartir à la base, en élaborant un système qui prendrait réellement en compte l’ensemble des maillons de la chaine et qui transformerait chaque problème en opportunité. Pour illustrer, Gunter Pauli cite l’exemple du marc de café, utilisé pour cultiver des champignons, dont les déchets serviront eux-mêmes de nourriture aux poules, qui fourniront à leur tour des œufs. "Dans ce cas, j’utilise en cascade ce qui est déjà localement disponible, ce qui se traduit par des rendements beaucoup plus élevés, l’élimination des transports et une satisfaction client beaucoup plus élevée".

Encore à ses débuts, l’économie bleue générerait aujourd’hui environ trois millions d’emplois à travers le monde, pour quelque 5 milliards d’euros investis. Mais alors que manque-t-il pour la voir s’installer durablement ? "Un encadrement juridique qui nous permette d’innover et d’aller de l’avant en vitesse", regrette notamment Gunter Pauli, alors que la mise sur le marché de certains produits se heurte trop souvent à des difficultés d’homologation.

L'économie bleue en chiffres…

  • 25 ans d’existence
  • 204 entreprises
  • 5 milliards d’euros investis
  • 3 millions d’emplois

En bref

  • L’économie bleue propose de s’inspirer de la nature pour bâtir un modèle circulaire, source d’emplois et où chaque déchet deviendrait une ressource.
  • Elle se distingue de l’économie industrielle « rouge », mais également de l’économie « verte » dont le modèle repose sur des prix trop élevés.

En partenariat avec DNCA.

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