Lors d'une séance à l'Assemblée nationale ce mardi 3 février, la ministre de la Santé a été interpellée par Agnès Pannier-Runacher. La députée Renaissance et ancienne ministre de la Transition écologique, énergétique et du climat questionne les nombreux reports du gouvernement : "Quand le gouvernement présentera-t-il cette stratégie attendue depuis des mois avec un cap clair de réduction de la consommation de produits ultra-transformés ?" Pour rappel, ce plan vise à définir l'action du gouvernement d'ici 2030 pour une alimentation saine et moins polluante.
Construite à l'aide de la Convention citoyenne pour le climat et de la loi Climat et résilience, la Snanc devait initialement être présentée avant juillet 2023. Selon Stéphanie Rist, "nous devons être au rendez-vous de la santé publique et de la justice sociale, mais aussi de la souveraineté française et européenne". La ministre "donne rendez-vous dans quelques jours pour collectivement partager nos ambitions". Une annonce que beaucoup attendaient après les nombreux renvois du texte.
Fin novembre, la publication officielle de la Snanc avait été annulée in extremis par Sébastien Lecornu, malgré plus de deux ans d’attente. Selon Matignon, le Premier ministre n'avait "pas été informé" et donc n’avait pas pu "valider" la stratégie. Le texte devait être publié le jour même et avait été distribué à la presse. Serge Hercberg, professeur de nutrition et cocréateur du Nutri-Score, s'insurge face à une "histoire rocambolesque" marquée par "le poids des lobbies".
La viande et les produits ultra-transformés dans le viseur
Si la stratégie semble avoir du mal à voir le jour, c’est peut-être parce que les mesures novatrices du texte impactent de nombreux secteurs. La version de novembre dernier propose notamment "d'encadrer pour la première fois la qualité nutritionnelle des repas servis dans les établissements de la petite enfance, EHPAD, établissements pénitentiaires". Mais le volet qui fait polémique concerne la limitation de la consommation de viande.
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Alors que la filière de l'élevage fait face à une grave crise économique, cette recommandation du gouvernement divise. Pourtant, un rapport du Commissariat général au développement durable rappelle que l'alimentation représente 24 % de l'empreinte carbone des Français. L'élevage est quant à lui responsable de 59 % des émissions agricoles de gaz à effet de serre, une contribution non négligeable au réchauffement climatique.
Les aliments ultra-transformés sont également dans le viseur du gouvernement, mais sans qu’il y ait de cap clair. L'État souhaite "réduire efficacement l'exposition des enfants et des adolescents aux publicités et parrainages pour des produits trop gras, sucrés, salés". Reste à savoir si ces intentions évolueront vers des objectifs chiffrés et contraignants, ou si elles demeureront de simples déclarations.