Les ministres de l'Environnement des 27 se retrouvent jeudi et vendredi à Chypre pour une réunion informelle, notamment destinée à tirer un bilan de la COP30 organisée l'an dernier au Brésil. La ministre française de la Transition écologique, Monique Barbut, avait déjà exprimé sa déception à la suite de cette grande réunion de l'ONU sur le climat, préconisant que "l'Europe affirme ses lignes rouges et se prépare à refuser un accord à une COP".
L'UE doit se montrer "moins naïve" et le bloc de pays s'avérer "plus assertif, plus exigeant, plus transactionnel aussi, si on veut peser dans ces négociations sur les futures COP", a-t-on plaidé mardi dans son entourage avant la réunion à Chypre. "On considère, côté français, qu'il faut vraiment une révolution copernicienne sur ce sujet. Parce que les négociations se sont durcies et des États qui se censuraient un petit peu jusqu'à présent ont une parole beaucoup plus libérée depuis le retrait américain" des négociations climatiques, a-t-on fait valoir.
"On a des outils comme les accords commerciaux"
Le cabinet de la ministre française a notamment suggéré une "utilisation un petit peu plus politique" de la finance relative au climat - qui aide les pays en développement à limiter leurs émissions de gaz à effet de serre ou à s'adapter aux changements climatiques - dont l'Union européenne est "le principal pourvoyeur". "Est-ce qu'il faut continuer à faire preuve de solidarité climatique et financière avec les pays qui n'ont pas présenté leur NDC et qui, de ce fait, n'ont pas respecté l'accord de Paris, leurs obligations, c'est une question qui mérite discussion", a-t-on jugé.
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Ces NDC (pour "contributions déterminées au niveau national" en français) sont les plans climatiques que chaque pays doit normalement mettre à jour tous les 5 ans dans le cadre de l'accord de Paris de 2015. Mais plus de 60 pays, certains gros destinataires de la finance climatique - comme l'Inde, l'Égypte ou les Philippines - n'ont pas respecté la date limite fixée par l'ONU l'an dernier pour publier leurs derniers plans. "On a des outils comme les accords commerciaux", dont la mise en application peut être conditionnée au respect de l'accord de Paris, a encore fait valoir le cabinet de la ministre.
Avec AFP.