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Politique

Projet de loi sur les énergies renouvelables : vote à l'Assemblée, suspense à gauche

©Kiev.Victor/Shutterstock

L'Assemblée nationale se prononce mardi sur le projet de loi d'accélération des énergies renouvelables, un vote qui pourrait être serré en raison de l'abstention des écologistes et des hésitations des socialistes.

"Il y a eu des discussions jusqu'au bout et beaucoup d'appels ce week-end", glisse-t-on du côté du ministère de la Transition énergétique, qui compte et recompte les forces en présence avant le scrutin solennel en fin d'après-midi, au bout de cette première lecture. Une source ministérielle assure "ne pas avoir d'inquiétude" quant à un vote favorable, mais "pas avec une nette avance".

Ce projet de loi accélère de plusieurs années les projets d'énergies renouvelables. C'est un fait. Donc soit les groupes d'opposition (de gauche) sont cohérents avec leur programme présidentiel et législatif (...), soit ils restent dans la posture politique et choisissent l'opposition de principe."

Une abstention d'une partie de la gauche suffit aux macronistes. Mais ils auraient espéré davantage d'allant autour d'un texte qui vise à déployer plus rapidement les projets éoliens et photovoltaïques, et qui avait obtenu un large aval du Sénat début novembre. "Ce projet de loi accélère de plusieurs années les projets d'énergies renouvelables. C'est un fait. Donc soit les groupes d'opposition (de gauche) sont cohérents avec leur programme présidentiel et législatif (...), soit ils restent dans la posture politique et choisissent l'opposition de principe", affirme la ministre Agnès Pannier-Runacher, sollicitée par l'AFP.

L'abstention pour "mettre la pression"

Les écologistes ont déjà promis une "abstention d'attente" pour "mettre la pression" avant la suite. "On attend mieux", par exemple sur le déploiement des renouvelables sur le bâti existant, souligne la cheffe du parti EELV Marine Tondelier.

"Ils ne saisissent pas la main tendue", critique le député macroniste Pieyre-Alexandre Anglade, qui redoute que cela renforce "ceux qui disent dans la majorité qu'il ne faut travailler qu'avec la droite".

Les insoumis s'abstiendront ou voteront contre, et les communistes s'apprêtent à s'opposer au texte. Au PS, le groupe entend trancher mardi matin entre abstention et soutien. Et le gouvernement espère aussi s'appuyer sur le petit groupe indépendant Liot.

Si l'Assemblée nationale donne son feu vert, une commission mixte réunira des députés et sénateurs, a priori le 24 janvier, pour tenter d'établir un texte de compromis, en vue d'une adoption définitive en février.

La droite votera contre

Au Palais Bourbon, l'exécutif a vite compris que la droite voterait contre ce texte. Car les députés LR ont adopté une ligne plus dure que leurs collègues du Sénat. Ils contestent des "dérogations injustifiées accordées à l'éolien", une "énergie intermittente" et dénoncent un "saucissonnage" des textes énergétiques. "Ce texte prend les choses à l'envers", a estimé mardi la députée LR Annie Genevard sur Public Sénat, critiquant la politique énergétique "non seulement illisible incompréhensible mais aussi inopérante, compte tenu des besoins et des difficultés que connaissent les Français en la matière".

Un projet de loi dédié au nucléaire arrive dans l'hémicycle du Sénat dès le 17 janvier, avant la future programmation pluriannuelle de l'énergie.

A l'extrême droite, le RN a fustigé tout au long des discussions les "nuisances" des éoliennes : "ça vrille les yeux et le cerveau", selon le député Pierre Meurin.

Ce projet de loi vise à réduire les délais d'installation et rattraper le net retard de la France en matière d'énergies renouvelables, qui ne représentent que 19,3 % de la consommation finale brute d'énergie, bien en deçà de voisins européens. Le texte insiste notamment sur le photovoltaïque et l'éolien en mer, dans la lignée de l'ambition affichée par Emmanuel Macron de multiplier par dix d'ici à 2050 la capacité de production d'énergie solaire pour dépasser les 100 GW et de déployer 50 parcs éoliens en mer pour atteindre 40 GW. Parmi les principaux débats : le sujet sensible de l'aval des maires avant d'implanter éoliennes et panneaux solaires. Dans la lignée d'un compromis trouvé au Sénat, l'Assemblée a validé un dispositif de planification, avec des zones "d'accélération" prioritaires pour installer les renouvelables, sous réserve de l'approbation des communes.

La mesure a crispé la gauche, qui redoute le retour du "veto des maires" que réclamaient les députés LR pour l'ensemble du territoire. L'ONG WWF juge globalement "l'exercice intéressant mais inabouti", et voit dans le dispositif de planification avec les communes, "un peu une usine à gaz".

Côté professionnels, le président du syndicat des énergies renouvelables Jules Nyssen relève des "points positifs" sur l'accès au foncier pour le photovoltaïque, mais aussi des "reculs" et des "points de vigilance", avec par exemple le retrait de la ristourne sur la facture des riverains. L'Assemblée a privilégié une proposition socialiste pour financer des mesures territoriales plus larges: des fonds en faveur des ménages en précarité énergétique ou pour la biodiversité.

Avec AFP. 

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