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Politique

Convention citoyenne sur le climat : Emmanuel Macron est attendu au tournant

©Frederic Legrand - COMEO/Shutterstock

Un an après le début du "grand débat", Emmanuel Macron va dialoguer vendredi avec les 150 citoyens tirés au sort pour proposer des mesures contre le réchauffement climatique, un dossier prioritaire mais épineux pour le président.

C'est à "leur demande", selon l'Elysée, que le chef de l'Etat "échangera" à partir de 18H30 avec les membres de la Convention citoyenne sur le climat dans l'hémicycle du Cese (Conseil économique, social et environnemental) à Paris.

La prudence est de mise avant ce rendez-vous : Emmanuel Macron "répondra aux questions" des citoyens mais ne veut pas influencer les discussions car il s'agit de respecter "cet exercice de démocratie participative", souligne son entourage.

Initiative inédite en France, la Convention citoyenne a en effet été présentée par le président comme l'une des réponses au "grand débat national" né de la crise des "gilets jaunes", qui a mis en évidence la profonde défiance envers la parole politique.

"Comme beaucoup de citoyens, je ne m'attends à rien avec les politiques", témoigne Muriel Raulic, l'un des membres de la CCC. En rencontrant Emmanuel Macron, "ce qui nous intéresse c'est de savoir ce qu'il acceptera de faire de nos propositions. Ce n'est pas de le voir entre quatre yeux", précise cette intermittente du spectacle toulousaine de 47 ans.

Le chef de l'Etat interviendra au début de la 4e session de travail de la CCC, qui a déjà auditionné de nombreux experts depuis septembre. Elle devrait conclure ses travaux en avril avec des propositions pour "réduire les émissions de gaz à effet de serre d'au moins 40 % d'ici à 2030 par rapport à 1990", le tout dans un esprit de "justice sociale".

Emmanuel Macron devrait préciser "ce qu'il entend faire des conclusions", a indiqué mercredi Laurence Tubiana, coprésidente du comité de gouvernance de la CCC. Il s'était engagé à répercuter les propositions de la Convention "sans filtre" et avait évoqué trois pistes pour les appliquer : par règlement, vote par le Parlement ou référendum.

Inaction 

"Il nous reviendra au printemps d'affirmer des choix nouveaux et forts, une stratégie sur plusieurs années pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre et lutter contre le réchauffement climatique mais aussi pour oeuvrer en faveur de la biodiversité", a-t-il déclaré en présentant ses voeux aux Français.

Emmanuel Macron, qui en a fait l'une de ses priorités pour 2020, se sait très attendu sur l'écologie, qui s'annonce comme l'un des enjeux de la prochaine présidentielle. Il a certes marqué les esprits à l'international depuis qu'il a lancé le slogan "Make our planet great again" en réaction à la décision de Donald Trump de quitter l'Accord de Paris.

Mais, en France, il peine à convaincre de la réalité de sa "conversion" écologique. "Il faut que Macron se réveille sur le climat" et sur l'écologie, a tonné le chef de file des écologistes Yannick Jadot dimanche, dénonçant le grand écart entre le discours et les actes. Le haut Conseil pour le climat, qu'il a créé, a pointé l'an dernier des "actions insuffisantes" et des "dispositifs trop faibles" pour agir efficacement contre le réchauffement.

Et pour le directeur de Greenpeace, Jean-François Julliard, la Convention citoyenne" a été jusqu'à présent un prétexte commode à l'inaction, caractéristique de la politique d'Emmanuel Macron, qui creuse le retard de la France dans la lutte contre le dérèglement climatique et sacrifie l'intérêt général aux intérêts des grandes multinationales".

En réponse, l'exécutif fait valoir le bilan de la première moitié du quinquennat. En particulier la fin programmée des centrales à charbon et l'arrêt de trois grands projets décriés par les écologistes : l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, la mine de la Montagne d'or en Guyane et le centre commercial Europacity près de Paris. Mais pour les scientifiques, sauver le climat va bien au-delà de ces gestes symboliques et passe par une remise en question du principe même de la croissance économique.

Atteindre la neutralité carbone en 2050 représente "un changement très profond sur tout: consommation, commerce, modes de production, déplacements..." et nécessitera pour cela "du courage politique", a averti Laurence Tubiana, architecte de l'Accord de Paris, mercredi devant la commission des lois de l'Assemblée.

Avec AFP.

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