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Politique

Climat : Macron réunit un Conseil de défense écologique

©Frederic Legrand - COMEO/shutterstock

Emmanuel Macron redémarre vendredi son agenda "vert", freiné par l'épidémie, en arbitrant les propositions de la Convention citoyenne sur le climat, qu'il a déjà averti vouloir "ajuster" en raison de la crise économique.

Pour montrer que l'épidémie de Covid-19 n'enterre pas ses engagements, Emmanuel Macron réunit vendredi à l'Elysée un Conseil de défense écologique pour procéder à des "arbitrages" sur les propositions de la Convention citoyenne, selon l'Elysée, quatre mois après avoir annoncé qu'il reprendrait 146 des 149 ambitieuses propositions de cette Convention.

Il devrait ainsi déterminer quelles mesures appliquer ou au contraire retarder lorsqu'elles impactent des secteurs économiques parfois sinistrés. Cette réunion préparera le projet de loi destiné à transcrire les propositions de la Convention, qui doit être présenté au Conseil des ministres courant janvier.

Le Conseil de défense, avec tous les ministres concernés, examinera notamment les mesures concernant la rénovation des logements, les transports et mobilité ainsi que la publicité, que la Convention veut interdire pour les produits les plus polluants, a précisé l'Elysée.

Il devrait également se pencher sur le sort du projet d'extension du terminal 4 de l'aéroport de Roissy, pour lequel "les échanges sont encore en cours", le ministre délégué aux Transports Jean-Baptiste Djebbari ayant déjà dit en juillet qu'il devait être "revu en profondeur". "Le projet tel qu'il était envisagé précédemment n'existe plus, n'a plus lieu d'être", a confirmé un conseiller.

Ajustement de certaines mesures

Mais Emmanuel Macron et son gouvernement ont déjà prévenu que la crise économique liée au Covid-19 changeait la donne pour la mise en oeuvre des propositions. "Sinon elles pourraient conduire au dépôt de bilan d'entreprises, alors que l'idée est de les transformer, pas de les tuer", a justifié un conseiller de la présidence.

Dans une lettre aux "150" fin octobre, le chef de l'État affirmait qu'il conservait la même ambition pour le climat mais que certaines mesures nécessiteront des "ajustements", une "temporalité différente" ou "parfois des solutions différentes". Pour s'en expliquer, il compte dans les 15 jours recevoir les "150" ou leurs représentants qui dénoncent un "détricotage" de leurs recommandations.

Les "150" citent comme exemple la décision d'instaurer un malus-poids pour les véhicules très en-deçà de leurs préconisations, les déclarations ministérielles contre une écotaxe sur le transport aérien ainsi que les propos d'Emmanuel Macron qui a comparé ironiquement les opposants à la 5G aux Amish et balayé l'idée d'un moratoire.

Ils déplorent aussi la réintroduction temporaire des néonicotinoïdes tueurs d'abeilles pour sauver la filière betterave. Et l'annonce surprise cette semaine par le gouvernement de la mise en place d'un "délit d'écocide", alors qu'ils demandaient que l'écocide devienne un crime, les a également déçus, même s'ils se divisent entre ceux qui voient le verre à moitié vide ou à moitié plein.

Vers un engagement européen et mondial 

L'exécutif fait valoir en revanche que son plan de relance de 100 milliards d'euros portera pour 30 milliards sur des mesures en faveur de la transition écologique et reprendra 20 % des propositions de la Convention, en particulier les aides à la rénovation énergétique des bâtiments. "Un vrai virage vert", selon un conseiller.

L'agenda écologique du chef de l'État est également international. La France prépare la célébration des cinq ans de l'Accord de Paris sur le climat avec un sommet organisé avec la Grande-Bretagne et l'ONU au cours duquel les États seront invités à relever leurs ambitions de réduction des émissions. La France compte s'inscrire dans l'objectif de l'Union européenne d'atteindre d'ici à 2030 une réduction de 55 % de ses émissions par rapport à 1990. Paris espère que cet objectif sera acté lors du sommet européen des 10 et 11 décembre.

Emmanuel Macron veut également plaider à Bruxelles pour un engagement européen à sortir du glyphosate, objectif qu'il lui sera difficile d'atteindre si ses voisins ne font pas de même. Il y a trois ans, la France s'est engagée à renoncer à l'essentiel des usages du glyphosate en 2021 avant une interdiction totale en 2023.

Avec AFP

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