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Entretiens

"L’Europe a augmenté ses ambitions en termes d’énergies alternatives"

Alexandre Jomeau, CFA, analyste financier et Marcelo Preto, CFA, gérant actions.
©Mandarine Gestion

Dans un contexte de hausse des prix des matières premières, Marcelo Preto, CFA, gérant actions et Alexandre Jomeau, CFA, analyste financier chez Mandarine Gestion, reviennent sur la manière dont ils ont adapté la stratégie de leur fonds Mandarine Global Transition.

Le marché connaît depuis le début de l'année des perturbations importantes. Quel regard portez-vous sur la situation et comment avez-vous adapté la stratégie du fonds Mandarine Global Transition ? 

Le début d’année a d’abord été marqué par des anticipations de hausse des taux qui ont pesé sur les entreprises en portefeuille qui investissent fortement, à l’instar des développeurs d’énergies renouvelables. Ensuite, la guerre en Ukraine et les confinements stricts en Chine ont ravivé les craintes d’inflation à travers des hausses des prix des matières premières et des coûts de transport qui commençaient à se détendre. Dans ce contexte, nous avons renforcé nos positions en Europe qui permettent au continent d’arriver à son indépendance énergétique, tout en ayant la capacité de répercuter les hausses de coûts, à l’image des exploitants de réseaux électriques ou des fabricants de pompes à chaleur. Dans le même temps, nous avons augmenté notre exposition aux Etats-Unis au détriment de l’Europe à travers des acteurs plus exposés à la consommation locale.

La guerre en Ukraine peut-elle représenter une opportunité d'accélérer la transition énergétique ? 

La guerre en Ukraine a fait réaliser aux Européens leur grande dépendance aux énergies venant de l’extérieur, en particulier le gaz russe. Afin d’assurer son approvisionnement, dans un premier temps, l’Europe a cherché à augmenter ses importations de gaz d’autres pays, comme les Etats-Unis et l’Algérie. Cette solution, temporaire, s’accompagne de plusieurs inconvénients que sont un prix plus élevé et une empreinte carbone plus forte. La seule énergie facilement substituable au gaz est l’hydrogène, qui est en réalité un gaz naturel sans les atomes de carbone. L’Europe a donc augmenté ses ambitions en termes d’énergies alternatives comme la production d’hydrogène vert, qui est de l’hydrogène produit à partir d’électricité renouvelable. Un autre levier pour réduire sa dépendance au gaz russe consiste à diminuer sa consommation, ce qu’elle veut faire à travers le remplacement de chaudière au gaz par des pompes à chaleur, l’amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments par la rénovation, ainsi que l’électrification de l’industrie fortement consommatrice de gaz. Pour répondre à ces besoins grandissants en électricité, l’Europe devrait accélérer l’obtention des permis pour développer les énergies renouvelables.

Comment se comporte le fonds depuis le début de l’année en matière de performance ?

Les importantes perturbations qu’a connues le marché cette année ont laissé les investisseurs en position d’attente avec une vue négative sur l’avenir, en particulier l’impact de l’inflation sur la consommation. Néanmoins, nos rencontres avec les sociétés ne montrent pas de messages aussi alarmistes que le marché semble attendre. Dans ce contexte, le fonds continue d’investir dans des entreprises de qualité qui génèrent assez de trésorerie pour continuer à se développer sans être entièrement dépendante de l’évolution des taux d’intérêt.