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Entretiens

3 questions sur le fonds thématique CPR Invest – Hydrogen

© Stephen Barnes/Shutterstock

Avec plus de 500 millions d’euros d’encours, le fonds CPR Invest – Hydrogen de CPR AM connaît un fort engouement auprès des investisseurs depuis son lancement, en novembre 2021. Sa gérante, Emmanuelle Sée, revient sur les points clés de sa réussite.

Quel(s) type(s) de valeurs peut-on retrouver dans le fonds CPR Invest – Hydrogen ?

C’est un fonds d’actions internationales qui couvre toute la chaîne de valeur de l’hydrogène, de l’amont jusqu’à l’aval. Nous avons en son sein quatre dimensions. La première se concentre sur la production d’énergie verte. Car, ce qu’il faut souligner, c’est que l’hydrogène est un vecteur d’énergie et non une source d’énergie. L’hydrogène a donc besoin d’une source. Et, si cette source est verte, via les énergies renouvelables (éoliens, panneaux solaires, etc.), elle devient ce que l'on appelle de l’hydrogène vert. Dans la seconde dimension, nous retrouvons la partie technologies et composants, c’est-à-dire toutes les technologies de l’hydrogène comme les électrolyseurs, les piles à combustible, les matériaux, etc. La troisième dimension est quant à elle composée de la production, du stockage et de la distribution de l’hydrogène. Enfin, la dernière dimension a trait aux utilisateurs, nous y retrouvons les voitures, les trains, les bus… mais également l’ensemble des industries qui utilisent l’hydrogène pour décarboner leurs process, à l’instar du secteur de l’acier notamment (acier vert). 

Pourquoi cette thématique ?

La thématique de l’hydrogène fait partie de nos fonds climatiques. Si nous devions classifier cette thématique, elle se situerait entre la partie Climat et la partie Tech. De plus, il s’agit d’un fonds qui se concentre sur la solution qu’apporte l’hydrogène, ce qui est différenciant de notre gamme actuelle de fonds, qu’ils soient climatiques ou plus axés sur la Tech. Et, pourquoi l’hydrogène ? L’urgence climatique est là et elle se fait de plus en plus pressante, donc il faut agir. Nous devons atteindre ce que l’on appelle l’économie nette zéro en 2050, donc comment fait-on ? L’hydrogène constitue justement une solution pour atteindre cet objectif. Car, il est bon de rappeler que l’hydrogène est la seule technologie viable pour décarboner toutes les industries, a fortiori les industries lourdes comme le ciment, l’acier, l’aluminium, etc. 

La volonté de l’Europe de réduire sa dépendance au gaz russe et celle des pouvoirs publics français de pousser lhydrogène rendent-elles cette thématique d’autant plus pertinente pour vous actuellement ?

Un mouvement est en train de s’opérer vers toutes les énergies alternatives, notamment vers les valeurs de l’hydrogène. La Commission européenne a publié le 8 mars dernier son plan REPowerEU sur l’énergie durable, en mettant l’accent sur la réduction de la dépendance vis-à-vis du gaz russe d’ici à 2030 et en se concentrant notamment sur la décarbonisation et l’efficacité énergétique. En termes de chiffres, cela demande de réduire de 102 bcm (billion cubic meters, NDLR) notre consommation de gaz russe d’ici la fin de l’année, donc c’est extrêmement significatif. Dans cette perspective, une large part est dédiée à l’Hydrogène ("Hydrogen Accelerator"). La Commission européenne a, en effet, déclaré vouloir quadrupler son objectif initial de production d’hydrogène vert sur 2020-2030 (5,6 millions de tonnes prévues avec le "Fit For 55" et 20 à 25 millions de tonnes supplémentaires) afin d’accélérer le shift vers les énergies alternatives et l’indépendance vis-à-vis des énergies fossiles provenant de Russie. En parallèle, le prix de l’hydrogène vert (produit via énergies renouvelables) est maintenant moins cher que l’hydrogène gris (produit via énergies fossiles). L’économie de l’hydrogène vert est, plus que jamais, une réalité : il n’y a pas de solution climatique sans l’hydrogène !