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Entretiens

3 questions sur la stratégie durable de DPAM

Vincent Valles, directeur distribution chez DPAM.
©DPAM

DPAM a récemment dépassé les 50 milliards d’euros d’encours sous gestion, dont 19,7 milliards d’euros en actifs durables. Vincent Valles, directeur commercial distribution France, revient sur la stratégie d’investissement durable de la société.

DPAM a franchi la barre des 50 milliards d’euros d’actifs sous gestion, dont 19,7 milliards d’euros en actifs durables. Comment expliquer cette montée en puissance de la finance durable ?

De nombreux facteurs se sont alignés pour obtenir ce résultat. Le premier, c’est un désir des investisseurs d’accroitre leurs investissements dans les stratégies responsables et durables. Chez DPAM, cela fait très longtemps que nous sommes positionnés sur l’investissement socialement responsable parce que notre première stratégie durable a été lancée en 2001. C’est donc une approche que l’on martelait chez nos prospects et chez nos clients depuis longtemps. Et, lorsqu’ils ont eu la volonté d’investir dans l’ISR, nous avons logiquement fait partie des acteurs avec lesquels ils ont voulu échanger, ce qui a généré, pour nous, une croissance naturelle des encours. 

En parallèle de cela, nous avons également observé une hausse des marchés actions sur ces dernières années, si on exclut la période très récente. Nous avons aussi vu que, sur un long laps de temps, nos fonds ISR (labellisés par LuxFlag et Towards Sustainability) arrivaient à générer de la surperformance de façon assez structurelle. C’est aussi la raison pour laquelle, pour certaines classes d’actifs sur lesquelles nous opérions depuis longtemps, nous avons décidé de transformer nos fonds traditionnels en des fonds ISR. C’est le cas dans l’univers des actions européennes ou internationales mais aussi pour nos fonds dédiés à l’immobilier côté européen qui est une de nos cœur-expertises depuis 20 ans. C’est donc la conjonction de tous ces facteurs de performance, de collecte et d’approfondissement de la gamme, qui ont induit une croissance significative des encours ISR.

Pourquoi insister autant sur l’ESG dans vos stratégies ?

Car c’est profondément enraciné dans notre philosophie d’investissement. La prise en compte des critères ESG s’est faite dès 2001 avec le lancement de notre première stratégie durable et cette intégration n’a cessé de se renforcer dans le temps. À partir du milieu des années 2000, nous l’avons systématisé dans l’univers action, initialement sur l’Europe, puis sur les actions internationales.

Le second point, c’est que nous avons été pionniers dans l’approche responsable et durable pour l’univers obligataire, en particulier pour les dettes gouvernementales. Cela s’est fait en 2007 avec la création du Fixed Income Sustainability Advisory Board (FISAB), comité composé de membres internes à DPAM et de membres externes (experts en démocratie, biodiversité ou éducation, etc.) qui est chargé du suivi et de la surveillance sur toutes les dimensions ISR liées à l’univers obligataire. Ce comité a mis sur pied un modèle propriétaire d’évaluation de la durabilité des pays et nous avons lancé, dès 2008, un fonds de dettes gouvernementales dans l’univers OCDE. Dans un second temps, en 2013, nous avons adapté ce modèle à l’univers émergent et créé un fonds de dettes gouvernementales des pays émergents. 

La somme des encours de ces stratégies représente d’ailleurs plus de quatre milliards d’euros d’actifs. Les deux fonds les plus anciens de l’univers OCDE font maintenant plus d’un milliard d’euros. La performance et le volet rendement/risque délivré ont été très satisfaisants, et cela provient de l’approche ISR ainsi que de la gestion active et de conviction qui se sont avérés être des moteurs complémentaires. Par exemple, lors de la crise de la zone euro, en 2011, nous n’étions pas investis sur les PIGS (sur base de l’exclusion liée à notre modèle ISR) et cela a bénéficié au fonds.

Le fonds investit sur la dette des pays émergents a aussi connu un parcours très satisfaisant en termes de performance et surtout de performance ajustée du risque, à tel point que nous avons réussi à atteindre récemment les trois milliards d’euros d’encours gérés. Nous avons bénéficié de ce cercle très vertueux, qui s’est mis en place avec des équipes compétentes et stables, des process qui sont uniques et exigeants en termes d’ISR et un fonds qui arrive à surperformer de façon assez structurelle et dans des conditions de marché très changeantes.

Comment allez-vous poursuivre sur cette trajectoire de l’ESG dans les mois et les années à venir ?

C’est toutes les questions que nous nous posons, notamment au FISAB sur la partie obligataire, mais également au RISG (Responsible Investment steering group) qui est un comité de pilotage global sur toutes les dimensions liées à l’investissement responsable et durable. Nous y traitons des problématiques très diverses, à savoir l’engagement auprès des sociétés et des états, la politique de vote, le traitement des controverses, l’évolution de nos offres et des savoir-faire de gestion, etc.

Chez DPAM, nous sommes positionnés sur trois grands piliers. Le premier tout d’abord, c’est la gestion active, au sens de la conviction. Le 2ème pilier, c’est la recherche fondamentale puisqu’à côté de nos 45 gérants, nous avons environ 45 analystes qui sont dédiés à la recherche et qui travaillent dans l’univers des actions, du crédit et de l’ESG. Le troisième pilier, c’est l’ISR qui est au cœur de notre façon d’investir et nous sommes en effet convaincus qu’il faut continuer d’investir avec cette approche.

Et le point clé, c’est vraiment d’être innovant, mais nous pensons qu’il faut innover sans se dénaturer. Il s’agit de progressivement apporter des nouvelles idées qui font sens pour les asset managers que nous sommes. Chez DPAM, nous ne lançons pas dix fonds par an. Nous avons plutôt tendance à lancer deux ou trois stratégies nouvelles chaque année, en essayant d’apporter une brique supplémentaire à notre offre, proche d’un savoir-faire existant, et sur lequel nous pensons avoir de la crédibilité, mais aussi sur lequel nous essayons de reproduire l’intégralité de notre chaîne de valeur. Cela passe par la recherche, l’analyse, l’équipe ISR mais aussi le processus d’investissement et l’équipe de gestion bien évidemment.

Quelques exemples illustrent bien cette méthodologie. Il y a trois ans, nous avons lancé un fonds baptisé Climate Trends Sustainable, une stratégie obligataire qui vise à investir à la fois sur des dettes gouvernementales et des dettes d’entreprises dans l’univers des émissions qui sont liées au climat. Le fonds va avoir bientôt trois ans et a beaucoup grandi, puisqu’il a dépassé les 400 millions d’euros d’encours. Nous avons également lancé fin 2020 une stratégie multi-thématique sur les actions asiatiques, prolongement d’un autre fonds multi-thématique dans l’univers actions internationales qui est une des franchises les plus reconnues dans notre gamme. Nous ajoutons donc, progressivement mais surement, des expertises tout en respectant une cohérence globale avec ce que nous faisons par ailleurs.