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En bref

Oxfam : "Les banques sont dans l’immobilisme face au défi du changement climatique !"

"De 2016 à 2017, (six banques françaises) ont réduit leurs financements à destination des énergies renouvelables (moins 1,8 milliard d’euros) d’un montant équivalent à l’augmentation de leurs financements vers les énergies fossiles (plus 1,8 milliard d’euros)", pointe l'ONG dans une étude publiée samedi 24 novembre. 

Coup de chaud sur le secteur bancaire français. Alors que la COP24 pointe le bout de son nez et que les rendez-vous de haut niveau sur la "finance verte" se succèdent, Oxfam a publié samedi 24 novembre un rapport mettant en évidence les positions ambigües de six grandes banques françaises sur le sujet. Intitulé "Banques françaises, les fossiles raflent la mise", le document analyse, sur la base des données fournies par le cabinet d'études indépendant Profundo, les financements de BNP Paribas, du Crédit Agricole, de la Société Générale, du groupe BPCE, du Crédit Mutuel Alliance fédérale (ex-Crédit Mutuel CM11-CIC) et de La Banque Postale en direction de 290 entreprises et 89 projets d’énergies renouvelables. 

Et le constat est "accablant", alerte l'ONG, qui révèle qu'en 2016 et 2017, les six entités ont financé les énergies fossiles à hauteur de 42,9 milliards d'euros, "contre seulement 12 milliards d'euros aux énergies renouvelables". Sur cette période, "elles ont réduit leurs financements à destination des énergies renouvelables (moins 1,8 milliard d’euros) d’un montant équivalent à l’augmentation de leurs financements vers les énergies fossiles (plus 1,8 milliard d’euros)". 

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Tandis que les appels à la réaction se multiplient de la part des scientifiques en vue de maintenir les températures à un seuil viable, "les banques continuent de soutenir massivement les énergies qui produisent le plus de gaz à effet de serre, comme le charbon, le pétrole et le gaz".

Au palmarès des principaux financeurs, BNP Paribas arrive en tête avec 12,8 milliards d’euros en direction des énergies fossiles en 2016 et 2017, devant le Crédit Agricole (12,6 ) et la Société Générale (11,5). Au final, "sur 10 euros, 7 euros vont à ces énergies climaticides, et seulement 2 euros aux énergies renouvelables", détaille Oxfam. A contrario, le Crédit Mutuel-CIC et La Banque Postale se démarquent chez les bons élèves au niveau des financements, avec respectivement des parts de 92 % et de 50 % de financements consacrés aux énergies renouvelables, même si les investissements de ces deux banques s'avèrent "beaucoup moins vertueux", nuance le rapport.  

Globalement, Oxfam pointe l'écart entre les discours affichés et la réalité des faits, et appelle les banques françaises à réorienter les flux financiers en faveur des énergies renouvelables. A cet effet, l'arrêt du financement du charbon, la publication d'un calendrier de sortie des énergies fossiles et une transparence accrue sur les financements font partie des demandes formulées par l'ONG.