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En bref

Réflexion autour d'un encadrement des promesses "vertes" de la finance

©jamesteohart/Shutterstock

Face à la multiplication des promesses "vertes" du secteur de la finance, la Science-Based Targets initiative (SBTi), un consortium international de référence qui valide des objectifs climat, propose mardi de les encadrer pour les transformer en "objectifs et en actions solides".

De la sortie du charbon à la réduction du soutien aux énergies fossiles, les acteurs de la finance ont multiplié les annonces en faveur de l'environnement ces dernières années mais "il y a beaucoup d’ambiguïté" quant à la façon d'y parvenir, pointe le consortium dans un communiqué. Plus de 450 banques, assurances et gestionnaires d'actifs dont Crédit Agricole, Allianz ou HSBC se sont notamment engagés à atteindre la neutralité carbone d'ici 2050 à travers la "Glasgow Financial Alliance for Net Zero" (Gfanz), mais le secteur manque de "principes cohérents, de définitions, d'indicateurs et de stratégies efficaces éprouvées".

Dans un document publié mardi, la SBTi définit des principes adaptés à un secteur qui n'a "pas de contrôle direct sur des sources majeures" d'émissions mais finance des entreprises qui peuvent, elles, contribuer à réduire les gaz à effet de serre. Le groupe compte transformer d'ici début 2023 ces principes en une série de "critères et orientations spécifiques" pour le secteur de la finance. "Les institutions financières sont des acteurs essentiels dans la réduction des émissions (...) par le biais d'investissements et d'activités de prêts", relève Luiz Fernando do Amaral, directeur général du SBTi. "Une action immédiate est déjà possible pour les objectifs de court terme" mais "ce qu'implique la neutralité carbone pour le secteur financier est encore mal compris", selon lui.

Objectif neutralité carbone

Le SBTi préconise notamment que les objectifs fixés par le secteur financier couvrent toutes leurs activités opérationnelles (souvent qualifiés de "scope 1 et 2" par les organismes spécialisés) et de financement, et donc également les émissions des entreprises figurant dans leur portefeuille ("scope 3"). Autre principe: les acteurs du secteur doivent tirer parti de leur influence sur les entreprises qu'ils financent et contribuer à la décarbonation de toute l'économie, pas simplement réduire l'exposition de leurs portefeuilles.

Pour atteindre la neutralité carbone, les émissions résiduelles doivent en outre être neutralisées grâce au financement d'activités qui retirent de façon permanente une quantité équivalente de dioxide de carbone atmosphérique, ajoute le consortium. A l'heure actuelle, 19 institutions financières ont des objectifs climatiques approuvés par la SBTi, rappelle cette dernière, dont La Banque Postale, le gestionnaire d'actifs britannique Schroders, la banque sud-coréenne KB Financial Group et la société d'investissement suédoise EQT.

Avec AFP.