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Déforestation : les lacunes de grandes entreprises montrées du doigt

©BorneoRimbawan/Shutterstock

Les entreprises et sociétés financières ayant le plus fort potentiel pour réduire la déforestation mondiale n'agissent pas dans ce sens, ébranlant les promesses de protection des forêts faites à la COP26 pour le climat, selon un rapport publié jeudi.

L'ONG Global Canopy a passé en revue 350 entreprises accusées d'être les plus responsables de la déforestation, directement ou indirectement, et 150 banques, fonds d'investissement ou fonds de pension qui les financent. Selon cette analyse, une entreprise étudiée sur trois n'a aucun engagement en faveur de la protection des forêts, et 72 % d'entre elles ont certains engagements mais pas sur tous les produits liés à la déforestation présents dans leur chaîne d'approvisionnement.

Même celles avec des engagements ciblant certains produits spécifiques, en particulier le soja, la viande de boeuf et le cuir, "échouent à fournir des preuves sur la façon dont elles les mettent en place", estime le rapport. "Trop peu d'entreprises reconnaissent les risques climatiques provoqués par la déforestation, et peu d'entre elles incluent leur chaîne d'approvisionnement dans leur évaluation", indique à l'AFP Niki Mardas, de Global Canopy.

Nestle, Unilever, BNP Paribas, HSBC... Les meilleures élèves

Cargill, Colgate-Palmolive, Nestle, Unilever et PepsiCo sont parmi les 15 entreprises les mieux classées. Le constat n'est pas meilleur du côté de ceux qui financent à hauteur de plus de 5500 milliards de dollars par an les 350 entreprises, estime le rapport. 93 des 150 sociétés financières analysées n'ont pas de politique déforestation couvrant les investissements et les prêts aux entreprises les plus dépendantes de denrées ravageant les forêts. Et seulement une vingtaine de banques ou de sociétés d'investissement disposent d'une politique déforestation qui prévoit une évaluation des progrès réalisés. Parmi les meilleurs élèves, dont les efforts sont jugés malgré tout insuffisants, BNP Paribas, Deutsche Bank, HSBC, Mitsubishi UFJ Financial ou encore la Sociéte Générale et Standard Chartered.

"Stopper l'agriculture qui encourage la déforestation pour diviser les émissions par deux et réparer la destruction de la biodiversité d'ici 2030 n'est pas une option mais une nécessité pour des entreprises engagées avec crédibilité sur la neutralité carbone", a commenté Nigel Topping, un des "champions" désigné par la présidence britannique de la COP26. "Sans cela, on ne pourra pas limiter le réchauffement à +1,5°C" par rapport à l'ère industrielle, objectif le plus ambitieux de l'accord de Paris, a-t-il ajouté dans un communiqué.

En novembre lors de la conférence climat COP26 à Glasgow, quelque 140 pays, dont le Brésil et la Chine, se sont engagés à mettre un terme et à réparer la dégradation des forêts et la déforestation d'ici 2030. La déforestation, encouragée par la culture des palmiers à huile et du soja, par l'élevage et l'exploitation forestière, représente une triple menace, pour le climat, les communautés locales et la biodiversité. Les émissions liées à la déforestation des forêts tropicales sont plus importantes que celles de l'UE ou de l'Inde, juste derrière les deux plus gros pays émetteurs, la Chine et les Etats-Unis.

Avec AFP. 

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