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En bref

COP27 : "L’espoir principal réside dans une avancée tournée vers les pays émergents"

Jean-Philippe Desmartin, Directeur de l’Investissement Responsable chez Edmond de Rothschild Asset Management.
©Edmond de Rotschild

La COP27, qui aura lieu du 6 au 18 novembre en Égypte, approche à grands pas. À cette occasion, ID a rencontré Jean-Philippe Desmartin, directeur de l’investissement responsable chez Edmond de Rothschild Asset Management, afin de revenir sur les enjeux clés liés à l’évènement.

7 ans après l’accord de Paris, où en sommes-nous ?

2022 met à nouveau en avant l’urgence climatique ; dômes de chaleur au printemps au Canada, canicules records cet été partout en Europe, inondations destructrices au Pakistan. L’année 2022 n’est pas encore achevée mais tous les experts tablent sur un record absolu des émissions de gaz à effet de serre et des énergies fossiles constituant toujours de l’ordre de 80% du mix énergétique.

Or, nous n’avons plus que 3 ans pour commencer à infléchir cette tendance. Les rapports à +1.5°C de l’AIE et du GIEC montrent l’ampleur et l’urgence du défi. Nous sommes déjà aujourd’hui à +1.1°C et cela pour les cent prochaines années. Le scénario central que nous indiquent les experts est à +2.7°C. Il n’est pas trop tard pour changer car +1.8°C ou +3°C, ce n’est pas du tout la même histoire.

Nous avons une crainte, celle que la géopolitique actuelle - guerre en Ukraine, confrontation entre Chine et Etats-Unis - ne fragilise l’accord de Paris comme on a pu le vivre sous le mandat Trump et ne débouche sur une COP 27 de transition sans réelle avancée ou annonce. La guerre en Ukraine fragilise provisoirement la position européenne sur les énergies fossiles, sujet qui a fait l’objet de tant d’arbitrages lors de la COP précédente à Glasgow. On assiste ainsi en 2022 au grand retour des subventions publiques aux énergies fossiles.

Dans ce contexte, on peut craindre de l’attentisme, et peu d’amélioration des engagements nationaux des pays les plus émetteurs (Chine, Etats-Unis, Inde, Japon, Europe) malgré l’engagement important pris l’année dernière de revoir chaque année les engagements nationaux et plus simplement tous les 5 ans jusqu’alors. A noter la dynamique favorable en Australie mais qui cache des tensions dans des pays clés en termes d’émissions tels que la Chine.

Que peut-on attendre de cette COP 27, et que symbolise le fait qu’elle soit organisée dans un pays émergent ?

L’espoir principal, au-delà d’initiatives ponctuelles sectorielles ou autre, réside dans une avancée tournée vers les pays émergents. On pourrait ainsi voir régler enfin en 2023 la question des engagements pris à Paris fin 2015 d’un fonds de 100 milliards de dollars par an des pays riches vers les pays les moins avancés pour les aider à financer leurs transitions énergétiques et environnementales.

Une annonce pourrait être salvatrice. Celle d’annoncer à l’avenir la concomitance de lieu et de calendrier des COP climat (COP 27) et des COP Biodiversité (COP 15). Tout le monde s’entend sur le fait que ces deux défis environnementaux ET sociaux sont étroitement liés sur les problèmes comme les solutions. Une meilleure coordination permettrait à la fois de lancer vraiment les COP Biodiversité et de contribuer à soutenir les COP Climat. Cela pourrait être une surprise positive de dernière minute. Comme le dit le philosophe Henri Bergson : "L’avenir n’est pas ce qui va nous arriver, mais ce que nous allons en faire".

En quoi cette COP peut-elle avoir des répercussions sur les portefeuilles des investisseurs ?

La thématique de la transition énergétique devrait sortir renforcée par les annonces de la COP 27 et sera soutenue par les plans d’investissement européen et américain qui renforcent la visibilité à long terme de la demande finale et une meilleure rentabilité des investissements verts grâce à la hausse des prix de l’énergie.   

Certaines valeurs pourraient plus particulièrement tirer leur épingle du jeu, à l’image de Darling Ingredients dont l’activité consiste à collecter les déchets (graisses animales, huiles usagées, fumier), les transformer et les valoriser en produits cosmétiques, nourriture animale ou encore biocarburants. Citons également la société SolarEdge, fabricant de micro-onduleurs solaires pour panneaux photovoltaïques à destination des particuliers. Nous continuons également d’accompagner les introductions en Bourse d’acteurs spécialisés comme Lhyfe, dans la production d’hydrogène vert, ou OPDEnergy, dans la production d’électricité solaire.

Dans ce contexte, quel rôle joue Edmond de Rotschild AM dans l’accélération de la transition ?

Le sentiment d'urgence pousse l'Europe à réinventer son approche de la transition énergétique. Les acteurs financiers doivent travailler avec et soutenir les parties prenantes de tous les secteurs pour transformer cet immense défi en opportunité. En tant que gestionnaires d’actifs aux convictions fortes, nous accélérons nos investissements liés à la transition énergétique. 

Chez Edmond de Rothschild, nous pensons avoir une responsabilité claire dans le déploiement de stratégies innovantes et impactantes qui visent à financer et accélérer la transition énergétique. Nous avons compris il y a plusieurs décennies qu'il était urgent de réorienter nos investissements dans des actifs réels et liquides pour créer de la valeur à long terme. Cela s’inscrit dans l'histoire de la famille Rothschild qui a toujours joué un rôle en soutenant d'importants projets d'infrastructure.

Edmond de Rothschild est un leader européen de la finance durable, animé par des convictions fortes qui se traduisent par des actions concrètes. Nos experts proposent des solutions permettant de relever le défi de la transition énergétique.

Afin de garantir la conformité de notre activité avec la réglementation en matière de durabilité, 84% des actifs de nos fonds ouverts relèvent actuellement des articles 8 et 9 du règlement SFDR.