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En bref

Climat : "le temps du radicalisme est venu", selon le patron de la Caisse des dépôts

Eric Lombard, dirigeant de la Caisse des Dépôts.
©ERIC PIERMONT/AFP

"Le temps du radicalisme est venu" concernant la transition de notre modèle économique et son adaptation au changement climatique, a estimé mardi Eric Lombard, directeur général de la Caisse des dépôts, appelant à interdire les investissements "néfastes".

"Le fait qu'un investissement soit rentable n'est pas une excuse s'il n'est pas conforme à la trajectoire" d'une hausse des températures limitée à 1,5°C par rapport à l'ère préindustrielle, dans l'esprit de l'accord de Paris, a appelé Eric Lombard en ouverture d'une journée dédiée au climat, organisée par la Caisse des dépôts, bras financier de l'État qui gère 1200 milliards d'euros.

Un investissement non conforme à cet objectif "doit absolument être annulé, supprimé", a-t-il poursuivi, plaidant pour "interdire ce qui est néfaste même si c'est rentable". "On a tellement d'autres choses à faire, les sujets d'investissement ne manquent pas", a ajouté Eric Lombard, alors que la France doit diminuer de moitié ses émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030.

Un discours quelque peu détonnant dans le milieu financier qui, s'il se montre préoccupé par le changement climatique, n'en reste pas moins guidé essentiellement par une recherche de rentabilité. Un appel à la radicalité qui n'a cependant pas été jusqu'à soutenir les jeunes diplômés qui ont récemment appelé à "déserter" des emplois "destructeurs", à "refuser" de "participer aux ravages sociaux et écologiques en cours" et de "servir" un système. "C'est tout le contraire que nous attendons des uns et des autres, et notamment des jeunes", a jugé M. Lombard, ajoutant que la "bataille" du climat "demande la mobilisation de tous". En outre, si "la lutte contre le réchauffement climatique demande des investissements massifs", il faudra, pour les financer, "maintenir un niveau de croissance élevé", même si celle-ci doit être "différente".

Pour certains économistes prônant la décroissance, la possibilité de faire croitre l'économie tout en diminuant les émissions de gaz à effet de serre n'a jamais été prouvée et est un pari impossible.

Avec AFP.