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Finance verte : la BEI accorde un prêt de 5 millions d'euros pour la protection de la biodiversité

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Ce prêt, destiné à la filiale de la Caisse des Dépôts CDC Biodiversité, aura pour ambition "d’assurer la réhabilitation et la gestion de sites protégés" en France.

La Banque européenne d’investissement (BEI) vient d’accorder un prêt à hauteur de 5 millions d’euros à CDC Biodiversité, filiale de la Caisse des Dépôts, qui œuvre pour la protection de la nature. Ce nouveau prêt aura notamment pour ambition "d’assurer la réhabilitation et la gestion de sites protégés" en France. Il permettra entres autres "la vente d’unités de compensation à des clients pour qui la délivrance d’un permis d’aménagement est conditionnée par l’obligation de compenser les incidences de leurs activités sur des espèces et des habitats naturels". Le projet bénéficie également du soutien du Mécanisme de financement du capital naturel, créé par la BEI et la Commission européenne, et qui a pour but de financer des projets en faveur de la protection de la biodiversité et de l’adaptation aux changements climatiques.

"Nous avons bon espoir que cette opération permettra de mobiliser des investissements, y compris du secteur privé, et d’accroître les financements à l’appui de ces dispositifs de compensation de perte de la biodiversité", a déclaré à cette occasion Emma Navarro, vice-présidente de la BEI et chargée de l’action en faveur du climat et de l’environnement. Quant au président de CDC Biodiversité France, Marc Abadie, il s’est dit "réjoui" de ce partenariat qui selon lui "constitue une occasion exceptionnelle de développer davantage les solutions fondées sur la nature (…) et contribuera à la réalisation des objectifs du plan stratégique de la France pour la biodiversité".

La finance au secours de la biodiversité

CDC Biodiversité fait justement partie des 16 signataires d’une tribune publiée le 22 mai dans Le Monde, appelant le secteur financier à se mobiliser massivement en faveur de la protection de la biodiversité. "Nous devons réorienter à grande échelle les flux financiers pour développer des projets d’envergure en vue d’une économie durable et inclusive", expliquaient ainsi les auteurs de cet appel. "Pour que cette dynamique se concrétise, il est indispensable de construire des partenariats rassemblant toutes les parties prenantes : acteurs de la recherche, ONG, entreprises, porteurs de projets et financeurs. Ce n’est qu’en joignant nos forces que nous pourrons réussir", ajoutaient-ils. Et l’enjeu est de taille : selon le récent rapport de l’IPBES, sur lequel ont travaillé 15 000 scientifiques du monde entier, un million d’espèces végétales et animales sur les 8 millions recensées seraient menacées d’extinction, dont la plupart dans les dix prochaines années.